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Augustins
de l'Assomption




Session sur le thème de la migration, JPIC

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2021-07-12 - Paris

Chers Frères et chères Sœurs,

Notre session sur le thème de la migration, des réfugiés, des personnes déplacées et des victimes de la traite s’achève aujourd’hui après une semaine de travail riche et fructueux. L’Eucharistie qui nous rassemble nous permet de faire grandir la communion entre nous et aussi avec le monde. Faire le corps du Christ, c’est bien l’intention que nous avons dans toute eucharistie. Rassembler les membres divers pour en faire un seul corps dans le Christ ressuscité. L’Eucharistie n’exclut personne car elle est le sacrement de l’unité.

Aujourd’hui, peut-être plus que jamais, notre monde est marqué par la question migratoire et par la détresse des personnes déplacées. J’entendais à la radio, il y a quelques jours, que le Commissariat aux réfugiés des Nations Unies annonçait qu’il y avait plus de 80 millions de personnes qui étaient concernées par ce phénomène et que leur nombre avait doublé en 10 ans. Les causes sont multiples et malheureusement trop bien connues : la guerre, la faim, les persécutions à cause de l’appartenance religieuse ou des options politiques, les bouleversements liés au changement climatique. De plus en plus notre Terre souffre et les habitants du monde sont exposés à la détresse et à la violence. Il est temps d’agir.

Notre foi chrétienne, profondément enracinée dans l’Ancien Testament, nous pousse à défendre celui qui a quitté sa patrie sans avoir d’autre souci que celui de le soutenir et de l’accueillir. Déjà le livre du Lévitique disait avec force : « Quand un immigré résidera avec vous dans votre pays, vous ne l’exploiterez pas. L’immigré qui réside avec vous sera parmi vous comme un israélite de souche, et tu l’aimeras comme toi-même, car vous-mêmes avez été immigrés au pays d’Égypte. Je suis le Seigneur votre Dieu. » (Lv 19, 33-34). Notre condition humaine nous pousse à la solidarité avec tous. Nous ne pouvons exclure une partie de l’humanité pour garder frileusement notre tranquillité et jouir égoïstement de notre bonheur. Le Christ est celui qui s’est donné pour tous sans exception. 

Saint Augustin nous rappelle que nous sommes tous des pèlerins car notre Patrie est le Royaume de Dieu. Nous sommes en quelque sorte des migrants en quête de la vraie patrie et notre vie est ce parcours qui nous conduit vers Dieu.

Les lectures de ce jour nous rappellent la condition de nos ancêtres dans la foi. Eux aussi furent victimes de la traite, comme Joseph qui fut vendu à des marchands par ses frères et qui se retrouva loin de chez lui en Egypte. Notre Dieu qui nous appelle ses amis à l’habitude de s’approcher de nous sous les traits d’un étranger. Abraham et Sara vaquent tranquillement à leurs affaires lorsque trois étrangers se présentent qu’ils régalent d’une somptueuse hospitalité. Jésus lui-même accepta de s’incarner en prenant la condition humaine. Dieu est l’un des nôtres. Si Dieu s’est fait proche, comment pouvons-nous tenir à distance ceux et celles qui sont de la même chair que nous ? Jésus lui-même a pris le visage de l’étranger. A la fin de l’évangile de Jean, le Seigneur ressuscité apparaît comme un étranger à Marie-Madeleine dans un jardin ; pour les disciples en train de pêcher, il est un étranger sur la plage et pour les disciples qui se dirigent vers Emmaüs, il est l’étranger qu’ils rencontrent sur la route. Pour nous, il s’ensuit que, si nous souhaitons le rencontrer, établissons des liens d’amitié avec des étrangers. En cette période de montée du populisme, il n’y a pas de question plus importante que celle de savoir si l’on peut se lier d’amitié avec des étrangers. L’avenir de notre civilisation dépend de la conviction que nous le pouvons. Notre monde est déchiré par le terrorisme et la guerre ; des millions de personnes se nomadisent, et la planète fait face à des déplacements d’une ampleur inconnue depuis des millénaires. La peur des étrangers nous mènera-t-elle à fermer nos esprits et nos cœurs ou oserons-nous les voir comme des proches amis de Dieu ?

Comme le dit le pape François dans Fratelli tutti, reprenant un passage de son discours au Corps diplomatique en janvier 2016 : «Les migrations constitueront un élément fondamental de l’avenir du monde». Il mettait en évidence que la « perte du sens de la responsabilité fraternelle » était une menace forte pour la constitution d’« une communauté d’appartenance et de solidarité ». Il demandait que la peur ne nous prive pas de la capacité de rencontrer l’autre.

À l’Assomption, nous sommes tous mobilisés pour la venue du Royaume de Dieu. Mais ce royaume est un royaume sans frontières. Dieu en Jésus-Christ a abattu le mur de la haine : « C’est lui, le Christ, qui est notre paix : des deux, le Juif et le païen, il a fait une seule réalité ; par sa chair crucifiée, il a détruit ce qui les séparait, le mur de la haine » (Ep 2, 14)

Nous avons pour mission de détruire les murs qui séparent et d’abattre les frontières qui isolent. Notre travail est de faire grandir la fraternité et de constituer un seul peuple. Le Royaume de Dieu attend notre engagement, c’est le moment favorable.

P. Benoit Grière, Supérieur général