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Augustins
de l'Assomption




Rendre grâce pour les 175 ans de fondation des Augustins de l'Assomption

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2020-12-25 - Rome

Noël 2020...
Rendre grâce pour les 175 ans de fondation des Augustins de l'Assomption

 
 Le Sauveur est né, un fils nous est donné ! Le chant des anges et les clameurs de bergers nous envahissent de la joie simple de ceux qui aiment avec un cœur d’enfant. Avec cette fête de la Nativité 2020, nous clôturons le jubilé des 175 ans de la fondation des Augustins de l’Assomption. Un anniversaire marqué par la pandémie du COVID-19, mais aussi par les signes de la tendresse de Dieu à travers les solidarités concrètes que nous avons pu bâtir.
 
Emmanuel d’Alzon était le descendant d’une famille aristocratique. La famille était petite. Mais en choisissant la vie religieuse, il montrait son désir d’être entouré d’une multitude de frères et de sœurs dans le Christ. Nous sommes aujourd’hui les membres de cette famille où nous sommes tous frères. Le pape François nous rappelle dans Fratelli tutti « qu’une personne et qu’un peuple ne sont féconds que s’ils savent de manière créative s’ouvrir aux autres. » (n°41) Emmanuel d’Alzon fut un homme qui sut s’ouvrir aux autres. Il ne resta pas dans son château, il sut quitter ses terres, il prit la route du Royaume de Dieu et tenter l’aventure à la suite de Jésus-Christ. Aujourd’hui, aurons-nous la même audace que lui ?
 
Frères et sœurs, la Nativité nous donne à contempler un mystère d’humilité, l’humble commencement de la crèche de Bethléem. Nous aussi sommes appelés à la grâce des débuts. Un jubilé n’est pas fait pour contempler le passé, il est là pour nous ouvrir l’avenir. Que l’esprit de Noël envahisse vos cœurs, que la bénédiction de Dieu soit sur vous tous. Joyeux Noël !
                                                                                     
 Père Benoît Grière
 Supérieur Général des Augustins de l’Assomption

Homélie du 24 décembre 2020

Chers Frères, chères sœurs,

Nous voilà au temps favorable ! Le berceau qui était vide et qui attendait la venue de l’Enfant-Jésus est désormais occupé. Le prince de la paix est arrivé en notre monde et celui- ci se réjouit de voir son espérance enfin réalisée. Dieu avec nous, Emmanuel !

Avec Jésus une distance qui semblait impossible à combler est abolie. Dieu qui règne au Ciel est arrivé sur Terre. Il y a des barrières qui semblent infranchissables aux hommes. La barrière entre le Ciel et la Terre en est une. La distance entre l’homme et Dieu en est une autre. Mais Dieu fait disparaître tout cela en Jésus-Christ.

Dans l’histoire du salut l’homme a montré qu’il voulait s’approcher de Dieu. Il a commencé par escalader des montagnes de plus en plus hautes, voulant ainsi s’approcher du ciel et de Dieu. Il est monté sur le Sinaï, sur l’Horeb, sur le mont Carmel. Partout où la terre se rapproche du ciel, l’homme a élevé des sanctuaires à son Dieu. Il s’est même battu pour savoir s’il fallait l’adorer sur le mont Sion ou à Samarie sur le Garizim. Mais il y a aussi parfois l’orgueil qui pousse l’homme à s’approcher de Dieu sans retirer ses souliers comme on le fait dans un sanctuaire. C’est à Babylone, la grande cité, qu’il a édifié une tour gigantesque avec la prétention d’aller plus près de Dieu pour lui montrer ce dont il était capable. Péché d’orgueil alors que c’est bien l’humilité qui nous rend proches de Dieu. Tous ces efforts pour approcher de Dieu ont été illusoires. Dieu restait l’insaisissable, l’inaccessible. Mais dans sa miséricorde, il y avait des intermédiaires qui se faisait son porte-parole : les prophètes, les sages ou bien encore les prêtres du Temple. Dieu était pourtant bien loin et semblait vouloir le rester.

Avec Jésus, tout change. C’est Dieu qui se fait humble, petit, discret et misérable. Il vient comme un enfant dans la pauvreté et le dénuement. Qui aurait pu croire que Dieu serait si petit si faible ? Déjà le psalmiste avait dit « Seigneur, incline les cieux et descends ; touche les montagnes, qu’elles brûlent » (Ps. 143, 5), mais cela restait bien hypothétique. Dieu était au ciel et l’homme sur terre. Les choses auraient pu continuer ainsi si nous étions encore dans une conception magique de la foi. Mais le Dieu d’Israël, le Dieu des chrétiens est un Dieu solidaire de l’homme, un Dieu proche, un Père.

La distance qui nous séparait de lui a été définitivement aboli en Jésus de Nazareth. Dieu s’est fait l’un de nous. Il a voulu que nous soyons héritiers du Royaume. Récemment, Adrien Candiard un théologien dominicain, disait dans une interview au journal « La Croix » que nous avions, nous autres chrétiens, un langage inadapté à la réalité du monde contemporain. Il citait en exemple l’utilisation de l’expression « Royaume de Dieu ». Cela nous interpelle forcément, nous autres assomptionnistes car notre spiritualité est bien construite sur la venue du Règne de Dieu. Alors, sommes-nous condamnés au silence ? Non,il faut seulement, mais résolument, dire avec les mots d’aujourd’hui, la foi de toujours. Et cela est possible. Le Royaume de Dieu est un royaume sans frontières. Il est au Ciel et il est sur Terre. Il était hier, il est aujourd’hui, il sera demain. Il est composé de tous les hommes et femmes de bonne volonté à travers le temps et l’espace. Il est multiforme et comme à la Pentecôte on y parle toutes les langues et l’on se comprend sans malentendu. Mais ce Royaume sans frontières est toujours en croissance. Il ne se fait que si nous collaborons à l’œuvre initié par Jésus le jour de Noël. Commençons donc par abolir toutes les barrières et les frontières que nous dressons autour de nous. Nous voulons notre tranquillité et nous prétendons que c’est la paix que nous construisons. Non, c’est de l’indifférence aux autres. Abolissons tout ce qui nous tient à l’écart de nos frères et sœurs en humanité. L’année qui s’achèvera dans quelques jours nous a demandé d’entretenir la « distanciation sociale ». Elle a privé les malades et les agonisants de la présence de leurs frères et sœurs en humanité. Elle a éloigné les parents et les enfants les uns des autres. Précaution, bien sûr, mais Dieu n’a pas craint de se faire proche.

Jésus en se faisant homme nous ouvre le Royaume. Il nous permet d’être ses frères et ses sœurs légitimes. Pas des demi-frères, pas des demi-sœurs, mais des enfants qui ont le même père qui est au Ciel. Jésus nous permet d’être héritiers du Royaume. Il n’a pas retenu son rang de fils unique de Dieu, il a partagé dans son humanité la filiation divine avec tous les vivants.

Aujourd’hui, nous sommes invités à supprimer toutes les barrières que nous voulons mettre pour garder notre tranquillité, notre confort, notre sécurité. Certes cela est décapant,dérangeant, mais Jésus n’a-t-il pas montré le chemin ? Le Royaume se construit jour après jour non par prosélytisme comme disent les papes Benoît XVI et François mais par attraction. C’est notre qualité de disciple-missionnaire qui fait grandir le Royaume et cela passe par l’abolition de tout ce qui est frontières.

Nous célébrons la venue de Dieu sur terre. Il nous reste maintenant à travailler avec lui pour qu’Il soit toujours mieux connu et mieux aimé. Notre travail se résume en quelques mots : avec Lui supprimons les murs et les frontières et construisons des ponts et des passerelles.

Père Benoît Grière