OK Su questo sito NON utilizziamo cookie di profilazione di terze parti. Se vuoi saperne di più o prestare il consenso solo ad alcuni utilizzi clicca qui. Cliccando sul pulsante OK, o continuando la navigazione effettuando un'azione di scroll, presti il consenso all'uso di tutti i cookie.

Devenir Assomptionniste

Augustins
de l'Assomption




Nos Martyrs

Les Assomptionnistes bulgares exécutés en 1952.

Le 11 novembre 1952, à 23h30, dans la prison centrale de la ville de Sofia, capitale de la Bulgarie, trois religieux assomptionnistes bulgares, les Pères Kamen Vitchev, Pavlev Djidjov et Josaphat Chichkov, étaient fusillés. En même temps qu'eux un évêque bulgare, passionniste, Eugène Bossilkov, était lui aussi fusillé. Une sentence tombée le 3 octobre, condamnant à mort les quatre hommes lors d'un procès monté de toutes pièces pour accusation d'espionnage au profit du Vatican, de tentative de complot et de valets du capitalisme.

Mgr Bossilkov, lui, fut béatifié en 1997 par le Pape Jean-Paul II, mais le procès de canonisation des trois Pères assomptionnistes n'a pas été introduit en même temps que celui de l'évêque afin de ne pas inquiéter une quinzaine d'autres religieux assomptionnistes bulgares eux-mêmes emprisonnés ou exerçant encore un ministère, mais tous étroitement surveillés par la police politique du régime communiste bulgare aux ordres de Moscou.

Pendant plusieurs années, l'incertitude a régné sur la date de leur exécution car les archives du ministère bulgare de l'Intérieur n'ont pu être consultées qu'après la chute des régimes communistes des pays satellites de l'ex- Union soviétique. Les corps des quatre martyrs de la foi n'ont pas été retrouvés. Ils furent enterrés dans une fosse commune.

D'innombrables témoignages attestent du martyre et de la sainteté de ces hommes de Dieu. Et le 11 novembre 2000, à Plovdiv, les anciens élèves de ce qui fut le grand collège assomptionniste de cette ville, ont élevé un monument en mémoire de leur martyre, avec l'aide de la municipalité.

Par ailleurs, un film, le Balkan crucifié, a été réalisé par des professionnels, Marie -Ange et Claude Sauvageot. C'est un document particulièrement bouleversant, produit au terme d'une enquête minutieuse menée en Bulgarie sur les lieux mêmes de la détention et du procès des religieux et grâce aux témoignages des rescapés de la persécution.

Pour comprendre aujourd'hui ce qui s'est passé en 1952, il nous faut revenir sur l'histoire peu connue de la Bulgarie, sur le christianisme bulgare, sur le pourquoi de la présence assomptionniste dans ce pays dès 1863 et sur ces trois martyrs assomptionnistes qui ont donné leur vie pour leur foi en Dieu une nuit de novembre 1952.

Les Assomptionnistes en Bulgarie

L'histoire qui précède est importante car elle permet de comprendre le pourquoi de la venue des Assomptionnistes en Bulgarie en 1863.

Ce fut le pape Pie IX, celui- là même, qui avait consacré l'archevêque Sokolski, qui demanda au fondateur des Assomptionnistes, le P. Emmanuel d'Alzon, d'envoyer des religieux en Bulgarie pour s'occuper plus spécialement des Bulgares orthodoxes désireux d'entrer dans l'Eglise catholique.

Ces orthodoxes devenus catholiques furent appelés Uniates, un terme qui a aujourd'hui une résonance péjorative. Avant le mouvement oecuménique des années 1950, l'oecuménisme, du point de vue catholique, était considéré comme un retour à Rome et non pas comme une communion d'Eglises soeurs ainsi que le concile Vatican II l'a admis.

Le Père Victorin Galabert, docteur en médecine et en Droit canonique, devint le fondateur de la mission assomptionniste en Bulgarie , connue alors sous le nom de "Mission d'Orient".

Et le Père d'Alzon, pour aider les Pères, fonde une congrégation féminine "Ies Oblates de l'Assomption" qui vont créer successivement des écoles à Sofia, Yambol, Varna et Sliven. Les Assomptionnistes, eux, ont crée en 1864 la petite école primaire St André à Philippopoli en attendant d'y fonder en 1884, un collège d'enseignement secondaire, le collège Saint Augustin qui deviendra rapidement l'un des établissements les plus prestigieux des Balkans jusqu'à sa fermeture par les Communistes en 1948.

Les Assomptionnistes prennent la responsabilité de plusieurs paroisses où les deux rites, latin et byzantin cohabitent. Plusieurs Assomptionnistes se font ordonner dans le rite byzantin.

Trois séminaires sont établis et animés par les Assomptionnistes à Andrinople, Koura Kapou ( rive européenne d'Istanbul ) et à Kadiköy (rive asiatique d'Istanbul).

N'oublions pas qu'alors, la Bulgarie n'a pas encore conquis son indépendance mais se trouve sous l'occupation turque. Les Assomptionnistes vont du reste établir quelque 27 résidences en Turquie, fonder des missions en Roumanie, en Grèce, en Russie, en Palestine, en Yougoslavie.

La Bulgarie sera, de fait, le point de départ de cette forte présence assomptionniste en Orient. L'apostolat direct est doublé d'un apostolat intellectuel avec la création à Kadiköy en 1897 des "Echos d'Orient", du Centre des Etudes Byzantines, par Monseigneur Louis Petit, futur archevêque assomptionniste d'Athènes.

En Bulgarie même, à la fin de la deuxième guerre mondiale, 20 religieux assomptionnistes de nationalité bulgare, exercent leur apostolat dans le pays, au collège de Plovdiv et dans les paroisses catholiques.

Tout est en place pour que la grande tourmente s'abbatte sur la petite minorité catholique du pays. Mais, en 1948, le régime communiste expulse tous les religieux non bulgares dont les assomptionnistes.

Nous frères disparu

Carlos Antonio Di Pietro etRaúl Eduardo Rodríguez, religieux assomptionnistes, disparus le 4 juin 1976.

Offrande er mémoire
C’est le véhément désir de que nous gardions leur mémoire qui me pousse à écrire ces mots sur nos frères, Carlos Antonio et Raúl, disparus le 4 juin 1976. C’est ainsi que ceux qui ont écrit les « actes des martyrs » de l’Église l’ont fait par le passé, en célébrant la vie de Jésus, vivant par eux et en eux.
C’est la mémoire qui les maintient présents dans la vie de ceux qui célèbrent leur Pâque. Nous mourrions sans cette mémoire, même s’ils sont vivants, grâce à la mémoire du Christ, à qui ils sont unis dans la mort, et dans la résurrection qu’ils espèrent.
Écrire ces mots c’est un privilège dont je suis fier. Et plus encore par le fait d’avoir vécu de tout près les faits que je suis en train de rappeler. C’est donc un privilège et une responsabilité: celle de transmettre avec fidélité mon témoignage à tous mes frères.
Vingt ans sont passés déjà! Vingt ans, après lesquels nous nous surprenons toujours de la profondeur de ce qui s’y est passé! Vingt ans, où les demi-paroles étaient censées être la meilleure façon de se protéger de ces blessures! Mais il est temps de rendre témoignage, il y bien des motifs pour le faire.
Faire mémoire de ceux qui ont donné leur vie, c’est continuer toujours à donner avec eux cette vie, unie à celle du Christ, avec lequel ils se sont identifiés totalement. Le martyre c’est l’achèvement de la configuration baptismale avec le Christ, mort et résuscité.
Pour les baptisés, Jésus nous a laissé l’Eucharistie, afin que nous fassions mémoire de Lui: « Faites ceci en mémoire de Moi! »; ce faisant, toute la grâce du Baptême est là. Il ne s’agit pas d’une simple invitation à répéter le rite; oui, nous le répétons, mais, plus loin que le geste rituel est la réalité que ce rite évoque, d’où il tire son sens. Il s’agit donc d’une invitation à agir comme Jésus, en y donnant nos vies, en même temps qu’Il donne la sienne: « Faites ce que Je fais! »; c’est-à-dire, donnez votre vie. C’est ainsi que le chrétien participe à la Résurrection et à la Venue du Seigneur, en donnant sa vie comme Jésus.
Essayer de célébrer l’Eucharistie, -en tant que participation au mystère du Christ- sans ce don total du chrétien, ce serait falsifier cette réalité. La grâce du Baptême serait ainsi privée de son fruit. La mémoire du Christ est aussi la mémoire du martyr qui s’est configuré avec Lui par sa propre mort.
Je voudrais dire un mot à tous ceux qui liront ces lignes, en toute sincérité: je les écris en regardant le Christ sur la Croix, je le fais dans l’espérance del’amour, et du pardon. L’amour qui cherche la vérité, mais qui reste toujours ouvert au pardon, pour l’erreur et le péché qui fait partie de la vie de tous les hommes. Même de ceux qui nous causent de la douleur. Carlos Antonio et Raúl nous ont laissé un témoignage vivant.

P. Roberto Favre, A.A.