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Devenir Assomptionniste

Augustins
de l'Assomption




Lettre n. 6 à la Congrégation sur l’Espérance

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2018-12-06 - Rome

INTRODUCTION

 Chers Frères et chères Sœurs,

Manquons-nous d’espérance ? Je crois qu’il est légitime de se poser cette question même si la réponse n’est probablement pas si simple que cela. Notre présence au monde implique l’exercice d’un regard lucide sur la réalité telle qu’elle est. Il ne s’agit ni d’enjoliver ni de dramatiser. Le tableau est contrasté, il y a des ombres et des lumières. Le mythe du progrès continu qui a marqué les consciences depuis la Renaissance a été fortement ébranlé. Le 20ème siècle, siècle de fer et de sang, a été celui de l’atrocité des deux guerres mondiales et celui des génocides de masse. Aujourd’hui, les guerres et les conflits sont encore nombreux mais un autre événement dramatique est venu s’ajouter au tableau déjà alarmant, celui de la destruction accélérée de notre terre accompagnée de l’épuisement des ressources naturelles. Certes, il y a eu des avancées remarquables avec l’augmentation de l’espérance de vie, l’amélioration de la nutrition humaine, les progrès dans l’éducation pour tous, la recherche de la paix. La réalité est donc complexe.

L’Église, quant à elle, traverse une crise profonde. Les vieilles chrétientés occidentales s’effondrent et la sécularisation devient aussi l’horizon des sociétés où les jeunes Églises se développent. La défiance à l’égard des ministres de l’Eglise se généralise après les innombrables révélations des abus et autres scandales dont des clercs sont responsables. Les victimes critiquent avec raison l’inertie de la hiérarchie voire sa complicité avérée. Peut-être plus insidieusement encore un autre mal frappe l’Église : la diminution de la foi et les manquements à la fidélité dans la vie presbytérale et religieuse. Récemment le Pape François s’est dit inquiet devant les nombreux départs de consacrés.

« Nous sommes face à une «hémorragie» qui affaiblit la vie consacrée et la vie même de l’Eglise. Les abandons dans la vie consacrée nous préoccupent. Il est vrai que certains la quittent dans un geste de cohérence, parce qu’ils reconnaissent, après un discernement sérieux, n’avoir jamais eu la vocation ; mais d’autres, avec le temps, renoncent à leur fidélité, très souvent quelques années seulement après leur profession perpétuelle. Que s’est-il passé? »1

Dieu merci, l’Eglise ne se résume pas à la part sombre et ténébreuse qui la souille, ni aux défections qui l’affectent. Des hommes et des femmes, les plus nombreux en fait, sont solidaires des plus pauvres et des exclus de notre monde. De nombreux laïcs s’engagent dans la société pour la rendre plus fraternelle. Des religieux et des religieuses vivent leur consécration dans la joie et la fidélité. De nouvelles figures du christianisme et de l’Église sont en train d’émerger. L’Évangile demeure pour beaucoup une lumière qui éclaire la route. Devant ce monde qui change si rapidement, sommes-nous capables de soutenir cette mutation de l’Église, sommes-nous capables de témoigner de notre espérance ?

Alors, nous chrétiens, et plus particulièrement, nous autres assomptionnistes, religieux et laïcs, comment nous situonsnous dans ce panorama ? 

Réfléchir sur l’espérance, c’est revenir à l’un des aspects fondamentaux du christianisme. Vertu théologale avec la charité et la foi, l’espérance nous conduit résolument vers Dieu. Sans elle, notre chemin vers le Royaume devient ardu et nous risquons même de perdre l’essentiel : le message du Christ. L’espérance nous situe à un autre niveau que l’optimisme. Il ne s’agit pas de croire béatement en l’avenir, mais de croire que le monde qui nous est donné est ouvert à la vie. Pour le croyant, cette vie donnée en abondance et appelée à la plénitude se nomme la vie éternelle.

L’enseignement du Pape Benoît XVI, dans son Encyclique Spe salvi, demeure la référence la plus récente et la plus riche pour approfondir notre compréhension théologique de la vertu d’espérance. Le Pape François, quant à lui, a fait une belle catéchèse sur l’espérance qui donne aussi un apport intéressant. Je me servirai de leurs enseignements pour rédiger cette lettre. Je ferai aussi des incursions dans l’œuvre de notre père saint Augustin qui recèle des réflexions profondes sur l’espérance.

Avec cette modeste lettre, j’ai une ambition : faire grandir la vertu d’espérance dans nos vies concrètes. L’espérance est cette force qui nous pousse à agir dans le monde avec la certitude que Dieu est avec nous. L’Assomption aura toute sa pertinence si les hommes et les femmes qui y sont engagés cultivent avec passion la vertu d’espérance.

 1 Pape François, discours aux participants de l’Assemblée plénière de la Congrégation pour les Instituts de Vie Consacrée et les Sociétés de Vie Apostolique (CIVCSVA), 28 janvier 2017.