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Augustins
de l'Assomption




Carlos Antonio et Raúl Eduardo, religieux assomptionnistes, disparus le 4 juin 1976

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2018-06-04 - Buenos Aires, Argentine

Nous frères disparu

Offrande er mémoire

C’est le véhément désir de que nous gardions leur mémoire qui me pousse à écrire ces mots sur nos frères, Carlos Antonio et Raúl, disparus le 4 juin 1976. C’est ainsi que ceux qui ont écrit les « actes des martyrs » de l’Église l’ont fait par le passé, en célébrant la vie de Jésus, vivant par eux et en eux.

C’est la mémoire qui les maintient présents dans la vie de ceux qui célèbrent leur Pâque. Nous mourrions sans cette mémoire, même s’ils sont vivants, grâce à la mémoire du Christ, à qui ils sont unis dans la mort, et dans la résurrection qu’ils espèrent.

Écrire ces mots c’est un privilège dont je suis fier. Et plus encore par le fait d’avoir vécu de tout près les faits que je suis en train de rappeler. C’est donc un privilège et une responsabilité: celle de transmettre avec fidélité mon témoignage à tous mes frères.

Vingt ans sont passés déjà! Vingt ans, après lesquels nous nous surprenons toujours de la profondeur de ce qui s’y est passé! Vingt ans, où les demi-paroles étaient censées être la meilleure façon de se protéger de ces blessures! Mais il est temps de rendre témoignage, il y bien des motifs pour le faire.

Faire mémoire de ceux qui ont donné leur vie, c’est continuer toujours à donner avec eux cette vie, unie à celle du Christ, avec lequel ils se sont identifiés totalement. Le martyre c’est l’achèvement de la configuration baptismale avec le Christ, mort et résuscité.

Pour les baptisés, Jésus nous a laissé l’Eucharistie, afin que nous fassions mémoire de Lui: « Faites ceci en mémoire de Moi! »; ce faisant, toute la grâce du Baptême est là. Il ne s’agit pas d’une simple invitation à répéter le rite; oui, nous le répétons, mais, plus loin que le geste rituel est la réalité que ce rite évoque, d’où il tire son sens. Il s’agit donc d’une invitation à agir comme Jésus, en y donnant nos vies, en même temps qu’Il donne la sienne: « Faites ce que Je fais! »; c’est-à-dire, donnez votre vie. C’est ainsi que le chrétien participe à la Résurrection et à la Venue du Seigneur, en donnant sa vie comme Jésus.

Essayer de célébrer l’Eucharistie, -en tant que participation au mystère du Christ- sans ce don total du chrétien, ce serait falsifier cette réalité. La grâce du Baptême serait ainsi privée de son fruit. La mémoire du Christ est aussi la mémoire du martyr qui s’est configuré avec Lui par sa propre mort.

Je voudrais dire un mot à tous ceux qui liront ces lignes, en toute sincérité: je les écris en regardant le Christ sur la Croix, je le fais dans l’espérance del’amour, et du pardon. L’amour qui cherche la vérité, mais qui reste toujours ouvert au pardon, pour l’erreur et le péché qui fait partie de la vie de tous les hommes. Même de ceux qui nous causent de la douleur. Carlos Antonio et Raúl nous ont laissé un témoignage vivant.

P. Roberto Favre, A.A.