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Homélie du Mercredi des Cendres, 2021

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2021-02-17 - Rome

« Où donc est leur Dieu ? ». La question qui fut jadis posée au Peuple d’Israël au temps du prophète Joël, est encore la question qui nous est adressée aujourd’hui. Où donc est votre Dieu ? Avouons-le, nous avons du mal à répondre à cette demande. Notre Dieu, il est au Ciel et il fait tout ce qu’il veut, dit le psalmiste (psaume 113 B), mais cela n’est suffisant, nous devons aller plus loin. Car si Dieu est au ciel, nous nous sommes sur la terre. Comme le dit saint Paul : « nous sommes les ambassadeurs du Christ ». Cela signifie que nous avons la mission de représenter le Seigneur Jésus et que nous sommes présents sur cette terre pour témoigner de sa royauté. Un ambassadeur, c’est un homme qui a été choisi pour aller dans un pays étranger pour montrer au roi ses lettres de créance et maintenir des bonnes relations avec le pays hôte. Il s’agit donc d’une mission importante. Or, nous sommes les ambassadeurs du Christ. Sur cette terre, nous sommes en quelque sorte, les témoins de la beauté du pays dont nous sommes originaires. Vous le savez, les ambassadeurs quand ils arrivent dans le pays, ils sont chargés d’illustrer la grandeur de la puissance qu’ils représentent. Il y a même parfois une surenchère entre les ambassadeurs pour faire croire au pays qui les accueille que tel ou tel est plus important que tel autre. Pour cela, ils font des cadeaux somptueux, ils organisent des grandes réceptions où les invités se pressent pour déguster les bons mets de la cuisine de l’ambassadeur, ils organisent des fêtes et des spectacles…

Nous, ambassadeurs du Christ nous arrivons sans puissance, sans argent, sans relations mondaines. Nous sommes riches de notre pauvreté et forts de la douceur de Dieu. C’est une position différente, mais qui est la seule crédible pour annoncer le Royaume de Dieu qui vient. Les ambassadeurs du Christ sont devenus saints, martyrs, prophètes. Même dans la modestie de leur témoignage, ils sont témoins d’une réalité et d’une puissance qui les dépassent infiniment.

Alors l’évangile de ce jour, nous plonge dans un paradoxe délicat. Jésus invite ses disciples à tout faire avec discrétion. Si tu jeunes, parfume-toi. Si tu fais l’aumône, ne fais pas sonner la trompette devant toi, si tu pries, fais-le dans le secret de ta maison…. Rien à voir avec l’image que l’on se fait de l’ambassadeur des nations de ce monde. Le carême est le temps privilégié qui nous permet de dire qui est notre Dieu. Le Dieu des chrétiens est humble, aimant, miséricordieux, simple et beau. C’est un Dieu qui se fait proche et qui n’a pas besoin d’un protocole royal pour tenir les gens à distance. Il se laisse toucher par les petits, les pauvres, les malades, les impurs. Il invite à sa table les publicains et les prostituées. Il ne demande qu’une chose, c’est que nous l’aimions de tout notre cœur, de toutes nos forces, Lui et le prochain avec.

Le carême par l’entraînement qu’il nous donne dans le jeune, la prière et l’aumône, nous permet de parler du Royaume qui vient. Le paradoxe est là : nous sommes pauvres et démunis et c’est ainsi que nous montrons la puissance de Dieu. Nous le savons, notre Dieu est un Dieu crucifié. Jésus a partagé notre condition d’homme. Il s’est fait solidaire de toutes nos joies et de nos peines, de notre espérance et de nos doutes. Le carême nous donne 40 jours pour vivre comme lui a vécu. En nous privant de nourriture, nous apprenons à vivre plus profondément de la parole de Dieu. En faisant l’aumône, nous essayons d’être plus solidaires de ceux qui ont moins que nous. En priant plus fidèlement nous nous rappelons que nous sommes des Fils de la lumière et non des enfants des ténèbres.

Etre ambassadeur du Christ, c’est vivre en harmonie avec Jésus et l’accompagner vers sa croix pour vivre avec lui la résurrection. Nous sommes peut-être fragiles, indignes voire infidèles, mais lui nous donne son Esprit. Notre lettre de créance comme ambassadeurs du Christ, c’est bien la présence de l’Esprit saint dans nos cœurs. Le Royaume sera annoncé pendant ce carême dans la mesure où nous serons disponibles pour suivre les appels du Christ à plus d’amour, plus de solidarité, plus de foi.

Père Benoît Grière, Supérieur général