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Devenir Assomptionniste

Augustins
de l'Assomption




25ème anniversaire ordination presbytérale Père Benoît GRIÈRE, Supérieur général

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2020-06-04 - Rome

« Tu n’es pas loin du Royaume de Dieu. »

Arrivé à l’âge de 62 ans, à la 29ème année de profession religieuse et à 25 ans d’ordination presbytérale, cette parole de Jésus au scribe a une profonde signification pour moi. Le Seigneur porte son regard sur le scribe et s’émerveille de sa sagesse. Le Christ l’aime sincèrement et affirme que celui-ci est proche du Royaume. Comme j’aimerais entendre cette proclamation du Christ pour moi-même ! Rassurez-vous, je suis assez lucide pour savoir que le chemin à accomplir est encore long. Peut-être n’ai-je plus beaucoup de temps pour me convertir, mais je sais que Dieu m’appelle à avancer toujours plus loin sur la voie et à mettre ma vie sous son regard. Le but de ma vie, le seul que je reconnaisse comme suffisant pour me faire vivre pleinement, est bien la recherche du Royaume de Dieu. C’est ce qui m’a séduit à l’Assomption où j’ai su que je pourrais avancer avec des frères et que même si j’étais un boiteux sur la route je ne serai pas rejeté par mes compagnons.

Etre religieux et qui plus est prêtre est une exigence forte. Quand je me suis engagé dans la vie religieuse et quand j’ai reçu le sacrement de l’ordre, je n’avais probablement pas pleinement conscience du chemin que j’aurais à parcourir pour avancer dans la sainteté qui nous est demandée à tous depuis notre baptême ? Aujourd’hui, je perçois mieux ce qu’il y a encore à faire pour être conforme à la vocation reçue et j’espère de tout mon cœur que Dieu me donnera le temps nécessaire pour arriver au but.

Avez-vous remarqué le beau psaume 24 que nous avons lu entre les deux lectures ? « Seigneur, enseigne-moi tes voies, fais-moi connaître ta route. Dirige-moi par ta vérité, enseigne-moi car tu es le Dieu qui me sauve ». Cette prière, je la fais mienne. Le temps nous a été donné pour apprendre de Dieu à découvrir sa voie qui est le Christ lui-même. Dieu use envers nous d’une infini patience. Il sait que nous sommes lents à comprendre et que notre cœur est partagé. Mais Jésus est présent sur le chemin, mieux encore, il est le chemin. C’est la vérité qui nous guide. Je n’aurais jamais consacré ma vie à un Dieu inconnu, à un grand horloger, à un Dieu distant dans son Olympe. Mais le Dieu de Jésus-Christ, le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, le Dieu qui s’est révélé est pour moi le salut véritable. J’aime sa Parole et je suis sûr qu’elle nous guide et nous libère de nos péchés.

Jésus nous a demandé, quand on accepte de le suivre, de ne pas regarder en arrière.  « Quiconque met la main à la charrue, puis regarde en arrière, n’est pas fait pour le royaume de Dieu. » (Luc 9,62) Alors, il serait malvenu de ma part de faire un bilan, une rétrospective de ce que j’ai fait. J’ai bien conscience d’être un serviteur inutile. Un homme choisi par Dieu, certes, mais un homme qui ne peut rien faire sans l’aide de son Seigneur. Le regard en arrière peut susciter deux réactions contraires. La première, la plus fréquente, est la satisfaction. L’orgueil humain nous pousse à voir uniquement nos réussites et à oublier nos échecs. Je reconnais que j’ai travaillé, mais comme le dit saint Augustin, ce qui est bien revient entièrement à Dieu, et ce qui est mal est sous ma responsabilité. La deuxième attitude est de dévaloriser son action, c’est la perte d’espérance. Nous pouvons avoir beaucoup semé, nous avons jeté le grain de la Parole à droite et à gauche, mais nous n’avons pas vu la récolte pousser. Le désespoir nous guette et nous pouvons céder à la tentation du néant. A quoi sert ma vie ? Pourquoi me suis-je dépensé ? Là encore, il faut savoir rester dans la sagesse de Dieu et apprendre de lui que l’essentiel n’est pas là. Dieu nous accompagne pour nous rappeler que lui seul est le maître de la moisson. Je suis supérieur général depuis 9 ans. Être le lointain successeur de notre fondateur, Emmanuel d’Alzon, est impressionnant. Lui, a été un homme de feu, un saint qui a donné sa vie pour le Royaume. Je sais que je ne peux rivaliser avec lui, mais ce n’est pas cela qui m’a été demandé. Ma mission est de poursuivre son œuvre malgré les aléas de notre histoire et malgré nos fragilités.

Alors, que faire pour continuer la route. Quand je méditais ces derniers jours sur l’approche de mon jubilé d’ordination, une parole de saint Paul m’est venue spontanément à l’Esprit. Or, cette parole nous l’avons entendue hier matin à la messe, elle s’adresse à Timothée. « Voilà pourquoi, je te le rappelle, ravive le don gratuit de Dieu, ce don qui est en toi depuis que je t’ai imposé les mains. » (II Tm 1 ,6) Dieu nous a fait un « don gratuit », nous l’avons reçu lors de notre baptême, lors de notre confirmation et par l’imposition des mains lors de l’ordination. C’est le don de l’Esprit saint. Alors que nous venons de célébrer la Pentecôte, il nous est demandé de raviver le don en nos cœurs. Le don est là en nous et il ne demande qu’à se rallumer au feu de notre foi, de notre espérance et de notre charité ?

Le scribe de l’évangile a demandé quel était le plus grand commandement. L’amour de Dieu et du prochain, bien évidemment. Voilà le résumé d’une vie d’homme authentique. Je demande à Dieu d’être capable de recevoir cet amour pour le donner à mon tour.

Je prie avec vous pour que je puisse continuer la route, aussi dur que soit le chemin, comme le dit l’hymne. L’Esprit qui habite au plus intime de nos cœurs, est capable de nous conduire sur la route. Après 25 ans de ministère, je peux dire que je suis heureux à l’Assomption. Non pas parce que j’ai fait de grandes choses, la réalité est plus modeste, mais pour ce que Dieu a fait pour moi et ma famille religieuse. Il a permis aux frères et aux sœurs de nos congrégations de rester dans la fidélité. Et même si certains sont parfois tombés, ils ont pu se relever. Aujourd’hui encore, Dieu est avec nous et il ne nous abandonne pas. Je suis reconnaissant pour la fidélité que Dieu ne cesse d’avoir envers son Peuple.

Pour conclure, je laisse la parole à saint Paul, elle s’adresse à nous tous : « Efforce-toi de te présenter devant Dieu comme quelqu’un qui a fait ses preuves, un ouvrier qui n’a pas à rougir de ce qu’il a fait et qui trace tout droit le chemin de la parole de vérité ». Laissons la Parole agir à travers nous, frères et sœurs et alors nous serons proches du Royaume de Dieu.

Père Benoît GRIÈRE a.a.
Supérieur général