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Devenir Assomptionniste

Augustins
de l'Assomption




Père Emmanuel d’Alzon (1810-1880)

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2019-11-20 - Rome

Extrait des Éphémérides du noviciat de Nîmes, le mardi 16 novembre 1880. - ACR, D 49.

Un novice, le Fr. Victor Uginet, raconte les adieux du P. d'Alzon mourant à ses religieux. Cette scène a été rapportée également par le P. Emmanuel Bailly dans sa lettre circulaire aux religieux de l'Assomption du 18 novembre 1880 (Orig.ms. ACR, 0M 292).

Mardi 16, Dédicace de la basilique du S. Sauveur.

Règlement ordinaire le matin. Le T.R.P. d'Alzon communie encore vers 6 h. 45 mais n'a plus de forces.

A 1 h. 30, le péril était imminent, tous les religieux se réunissent dans la salle de l'infirmerie du collège et quand le Père le veut, tous vont se ranger autour du lit du T.R.P. d'Alzon par rang d'ancienneté . Alors le Père pouvant à peine parler et souffrant beaucoup de la prostration qui l'accable nous dit : "Mes frères, après Dieu, Notre-Seigneur et la Sainte Vierge, vous êtes ce que j'ai le plus aimé sur la terre"... et quelques instants après : "Il faut nous séparer... Soumission à la volonté de Dieu !... Il est le Maître !" Le P. Picard lui demande alors, au nom de tous, pardon de toutes les offenses que nous lui [avons] faites. Le Père répond : "C'est moi qui devrais me mettre à genoux et vous demander pardon." Le P. Picard lui dit en sanglotant : "Ô mon Père, donnez-nous votre bénédiction." Le Père fit un grand effort et donna la bénédiction à tous les religieux à genoux en pleurs. Le P. Picard lui dit : "Vous nous protégerez ?" Le Père répond : "Autant que j'en suis capable." Le P. Picard lui dit : "Bénissez aussi toutes les autres maisons." Le Père répond : "Oui, je suis bien avec elles." Le P. Picard lui baise la main et le Père dit : "Soyez de bons religieux. - Il y a beaucoup de bons religieux qui ne sont pas ici, mon cœur les atteint tous." Chacun lui baise la main en pleurant et l'on se rend à la chapelle du noviciat pour réciter (vers 2 h.) Vêpres et Complies précédées du 2e chapelet. - Quelques instants après que les religieux sont à la chapelle, on reçoit la réponse de Rome à la dépêche que le P. Picard avait envoyée hier au soir à Mgr Macchi pour demander à Sa Sainteté Léon XIII la bénédiction apostolique pour notre Père mourant et la réponse dit : "Sa Sainteté accorde la bénédiction implorée." - Aussitôt que le T.R.P. d'Alzon eut connaissance de cette dépêche, il demande si les religieux étaient à la chapelle, et, sur la réponse affirmative, il voulut qu'on la leur lût et que les prières se continuent à la chapelle. - C'est pourquoi on passe la soirée jusqu'à 4 h. 30 à la chapelle. De 4 h. 30 à 6 h. 30, on fait des lettres pour toutes les maisons de la Congrégation, faisant connaître ces dernières nouvelles.

A 7 h. 15, office. Arrivée de Mgr de Cabrières, du P. Alexis et de M. de Puységur, neveu du Père, à cause du T.R.P. d'Alzon. - A 8 h., souper, récréation. Un quart d'heure après qu'on est couché, on se lève et l'on se rend à la chapelle du collège pour réciter les prières des agonisants jusqu'à 10 h. 15. - On se couche alors et le T.R.P. d'Alzon ne va pas mieux.

Le dimanche 21 novembre, jour de la fête de la Présentation de la Sainte Vierge, vers 9 h., les novices sont invités à se rendre de nouveau en leur chapelle, car le P. d'Alzon se trouve à ses derniers moments. Puis, ils rejoignent les élèves dans la chapelle du collège et l'on récite ensemble la prière des agonisants, tandis que les Pères ne quittent pas le chevet du P. d'Alzon. "A midi, est-il écrit dans les éphémérides, notre bien-aimé Père et Fondateur s'endort dans le Seigneur et nous quitte pour aller prendre au ciel la place que lui ont méritée sa sainteté et tout ce qui constitue une vie longue et sainte(28)."

D'autres témoignages, auxquels fera allusion l'article liminaire de La Croix de décembre, nous disent que les religieux qui entouraient le P. d'Alzon, après les prières des agonisants, poursuivirent par celle du rosaire : "Ils parvinrent, après les mystères douloureux, aux mystères glorieux, lorsqu'on eut achevé la 14e dizaine, celle de l'Assomption, le Père poussa un dernier cri : "Mon Jésus, je vous aime !". C'était l'heure de midi, en la fête de la Présentation : Notre-Dame de l'Assomption l'avait emmené au temple éternel. Sur la terre les cloches sonnèrent joyeusement l'angélus annonçant aux fidèles la bonne nouvelle de l'ange : L'Ange annonça à Marie qu'elle avait un fils(29)."

Tandis que se répandait la nouvelle du décès du P. d'Alzon, son corps était exposé dans la chapelle du collège, à laquelle le public eut accès à partir du lundi 22 novembre(30). Ce jour-là et le lendemain, ce fut dans la chapelle un défilé incessant de fidèles. Beaucoup manifestaient leur émotion et exprimaient la vénération qu'ils portaient au défunt en faisant toucher au corps ou, après la mise en bière, au cercueil, leur chapelet ou quelque autre objet de piété. Un registre avait été ouvert : il porte 1377 signatures. Et tandis que tous les religieux qui le pouvaient rejoignaient Nîmes, les témoignages de sympathie affluaient, disant la peine éprouvée mais aussi l'estime, la vénération, la reconnaissance portées au défunt que beaucoup n'hésitaient pas à qualifier de saint (v.infra 10).

Les funérailles eurent lieu dans la matinée du 24 novembre et se déroulèrent en deux temps. Dans la chapelle du collège d'abord, où Mgr de Cabrières, évêque de Montpellier, présida le chant solennel de la messe des morts. Après ce service plus intime, eurent lieu les obsèques à l'église paroissiale de Sainte-Perpétue où l'absoute fut donnée par l'évêque de Nîmes Mgr Besson. Sur le trajet du cortège funèbre qui gagna ensuite le cimetière Saint-Baudile, se pressait une foule qu'on a évaluée à 30 000 personnes(31) et dont le silence recueilli impressionna tous les témoins.