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La fête de nos martyrs bulgares à Sofia et Plovdiv

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2019-11-13 - Plovdiv, Bulgarie

Nous avons fêté nos quatre bienheureux martyrs bulgares les samedi 9 et dimanche 10 novembre. Oui, quatre bienheureux, car avec nos trois pères assomptionnistes (Kamen Vitchev, Pavel Djidjov et Josaphat Shiskov) a été aussi exécuté l’évêque passionniste Mgr Evgueni Bossilkov.

Nous les avons commémorés tous les quatre ensemble avec les Pères Passionnistes du nord de la Bulgarie. Cette année nous avons décidé de faire un pèlerinage à Sofia sur les lieux mémoire du martyre de nos Pères. La proposition a été faite à nos paroissiens de Plovdiv et de Kuklen et aux paroissiens des villages où exercent leur apostolat les Pères Passionnistes, c’est-à-dire Béléné, Malchika, Oresh, Svishtov.

La première étape de notre pèlerinage a été la grande place devant le Palais national de la culture, où se trouve une petite chapelle consacrée à la mémoire de toutes les victimes du régime communiste. A côté de la chapelle, sur un grand mur en marbre noir, ont été inscrit le nom et le prénom de plus de 8000 mille victimes innocentes. Une prière, un chant, une petite homélie du prêtre orthodoxe qui a en charge la chapelle, un moment de silence et nous sommes repartis à pied vers notre seconde étape : le Palais de justice.

Devant la façade de cet énorme bâtiment gardé aux extrémités par les statues impressionnantes de deux énormes lions, nous avons fait retentir les témoignages de plusieurs pères qui, en 1952 dans le cadre du procès contre l’Eglise catholique, ont été condamnés à plusieurs années de prison. Il nous est revenu à l’esprit la grande salle où nos pères assomptionnistes se succédaient à la barre durant le procès. Le procès a été filmé et nous pouvons voir un extrait du film original dans le film documentaire intitulé ‘Le Balkan crucifié’.

En ce lieu nous avons prié pour tous les persécutés et les victimes de l’injustice humaine, et en particulier pour celles de tous les régimes totalitaires. Le refrain de l’hymne de nos trois martyrs assomptionnistes a retenti plusieurs fois : «Toi, qui es tout-puissant, de leur chère patrie souviens-toi et pardonne, souviens-toi et pardonne.». La troisième étape a été l’exarchat où Mgr Christo Proykov, l’évêque de notre diocèse de rite oriental, a présidé la liturgie et nous a invités à garder la mémoire afin de vivre avec courage, à l’exemple de nos martyrs, et de témoigner de notre foi dans nos sociétés de plus en plus sécularisées. Après la messe, a suivi une petite pause pour le déjeuner où nous avons partagé nos sandwichs et nos boissons.

La journée splendide, avec un beau et chaud soleil automnal, nous aidait à vivre notre pèlerinage avec joie et gratitude pour le don de la vie et pour Celui qui nous l’a donnée. Quatrième étape :la prison centrale de Sofia à la périphérie de la ville. Nous y sommes allés en bus. De l’extérieur, ce lieu, où le 11 novembre 1952 à 23h30 nos pères martyrs ont été fusillés, ne semble pas avoir beaucoup changé depuis lors. Un des pères passionnistes, qui a eu la possibilité de rentrer à l’intérieur de la prison, nous disait que le mur devant lequel nous étions rassemblés nous séparait de la grande cour où les condamnés à mort étaient exécutés de nuit.

Là, l’apparition soudaine d’un policier qui a interrompu notre prière pour le motif que notre rassemblement n’avait pas reçu d’autorisation préalable, nous a donné l’impression d’être revenus au temps de la terreur communiste. Notre petit groupe de pèlerins priant était suspect et n’avait pas le droit de manifester librement sa foi ! Cela n’a pas perturbé notre bonne humeur.

Une dernière étape nous attendait, celle du cimetière central de la ville où nos bienheureux ont été enterrés ou plutôt jetés dans une fosse commune dont il n’a pas été possible d’établir le lieu exact. Nous nous sommes donc rassemblés dans la chapelle catholique du cimetière, trop petite pour accueillir la soixantaine de fidèles que nous étions. Un temps de prière avec des chants, des cierges allumés et la bénédiction d’une grande icône de nos quatre bienheureux martyrs bulgares ont conclu notre pèlerinage.

Par ailleurs, la venue à Plovdiv, à l’occasion de cette fête, de frères et de sœurs de l’Assomption et en particulier de ceux qui sont engagés dans la Mission d’Orient, est devenue désormais une très belle tradition. Cette année nous ont rejoints le Père César, responsable de la Mission d’Orient, de Jérusalem, les Pères Iulian et Iosif de Bucarest, le Père Germain d’Athènes, sœur Teresa et sœur Didina de Roumanie. Merci à sœur Laurence, provinciale d’Europe des sœurs Oblates qui nous a envoyé un petit mot d’encouragement.

En 1992, trois ans après la chute du mur de Berlin le saint Pape Jean Paul II s’adressait à notre évêque assomptionniste, Mgr Métodi Stratiev, et aux évêques de Bulgarie en visite « ad limina apostolorum» avec ces mots: « c’est en 1952 qu’arriva le véritable calvaire, quand de nombreux laïcs et la majorité des prêtres furent emprisonnés… Avec émotion, et aussi avec reconnaissance, je voudrais évoquer ici les pasteurs qui, martyrs de la foi, furent condamnés à mort et exécutés dans la nuit du 11 au 12 novembre 1952: Evguéni Bossilkov, Évêque de Nicopoli, et trois Pères assomptionnistes, Kamène Vitchev, provincial et supérieur du séminaire, Pavel Djidjov, économe du séminaire, et Josaphat Chichkov, curé de l’église catholique de Varna. L’évêque de Plovdiv, Ivan Romanov, condamné à douze ans d’incarcération, mourut en prison. Je ressens le devoir de rendre hommage aujourd’hui à la mémoire de ces confesseurs de la foi, et d’unir à leur mémoire celle de nombreux prêtres, religieux et laïcs qui ont enduré des tortures et des souffrances dans les prisons ou les camps de concentration. Vraiment, ils ont vécu totalement les paroles de l’Apôtre des nations: «J’ai servi le Seigneur en toute humilité, dans les larmes et au milieu des épreuves... Je n’attache aucun prix à ma propre vie, pourvu que je mène à bonne fin ma course et le ministère que j’ai reçu du Seigneur Jésus: rendre témoignage à l’Évangile de la grâce de Dieu.» »