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de l'Assomption




Le Père Petar Ljubas quitte la communauté de Plovdiv

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2019-10-06 - Bulgarie

«– Qu’est-ce que signifie « apprivoiser » ? …– C’est une chose trop oubliée, dit le renard. Ça signifie « créer des liens… » – Créer des liens ? – Bien sûr, dit le renard. Tu n’es encore pour moi qu’un petit garçon tout semblable à cent mille petits garçons. Et je n’ai pas besoin de toi. Et tu n’as pas besoin de moi non plus. Je ne suis pour toi qu’un renard semblable à cent mille renards. Mais, si tu m’apprivoises, nous aurons besoin l’un de l’autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde… Puis il ajouta : – Va revoir les roses. Tu comprendras que la tienne est unique au monde…Le petit prince s’en fut revoir les roses. – Vous n’êtes pas du tout semblables à ma rose, vous n’êtes rien encore, leur dit-il. Personne ne vous a apprivoisées et vous n’avez apprivoisé personne. Vous êtes comme était mon renard. Ce n’était qu’un renard semblable à cent mille autres. Mais j’en ai fait mon ami, et il est maintenant unique au monde. –Et les roses étaient bien gênées. – Vous êtes belles, mais vous êtes vides, leur dit-il encore. On ne peut pas mourir pour vous. »

En pensant aux nombreuses années de fraternité vécues ensemble m’est venu à l’esprit le magnifique échange ci-dessus entre le Petit Prince et le renard. En effet, le P. Petar est devenu pour nous tous, frères et sœurs de Plovdiv, une personne spéciale, un frère qui par son exemple et son enthousiasme a été le catalyseur de notre élan missionnaire en terre de Bulgarie, durant les années de refondation suite à la chute du régime communiste.

Arrivé à Plovdiv en 1995, il s’est mis à l’école du P. Gorazd  Kourtev, assomptionniste bulgare de tradition orientale, afin d’aider les frères et les sœurs de Plovdiv, tous de rite latin, à mieux connaître la liturgie orientale.

Souvent, il nous a partagé son étonnement de se retrouver à valoriser et à pratiquer la liturgie orientale, alors que dans son enfance le fait d’entrer seulement dans une église orthodoxe était considéré comme un péché grave.

Son envoi en mission en « Orient » lui a permis de découvrir toute la richesse de l’autre poumon de l’Eglise, au point qu’il ne lui était plus possible de définir son chemin spirituel, sa découverte de Dieu, à partir d’une seule Tradition de l’Eglise.

Ceux qui l’ont connu après son départ pour la ‘Mission d’Orient’ ne peuvent oublier l’une de ses expressions préférées : « nous les catholiques de rite oriental,  nous sommes les vrais catholiques » A ceux qui veulent savoir pourquoi, voici la réponse : « nous respirons avec les deux poumons de l’Eglise ».

Il a fortement soutenu la nécessité pour les jeunes frères assomptionnistes en formation,  de faire des stages apostoliques à Plovdiv, car cela leur permettrait de faire la connaissance de la Tradition orientale à travers la pratique concrète de la liturgie.

Le P. Petar nous a enseigné à nous poser des questions, à nous laisser étonner devant le mystère de Dieu, de l’homme, et de la création entière, un peu comme le P. André Gossein, grand ami de la communauté de Plovdiv et profond connaisseur de Saint Exupéry.

A l’exemple d’un autre grand ami de notre communauté, le P. Marie-Gérard Hirn, il  nous a montré l’importance d’être des hommes de prière et d’avoir un esprit ouvert.

Malheureusement ces dernières années l’état de santé du P. Petar s’est détérioré, surtout en ce qui  concerne la mémoire, et il a été obligé de réduire son activité jusqu’au point de devoir remettre toutes ses charges apostoliques entre les mains des autres frères de la communauté.

Une expérience de faiblesse et d’impuissance vécue avec dignité et sérénité. Souvent on peut l’entendre dire qu’il a tout remis entre les mains de Dieu et qu’ainsi il n’a plus ni soucis, ni rien à craindre.

C’est avec cet esprit qu’il se prépare à partir pour Albertville où nous sommes sûrs qu’il saura continuer à vivre l’esprit missionnaire qui l’anime.

«Ainsi le petit prince apprivoisa le renard. Et quand l’heure du départ fut proche : – Ah ! dit le renard… Je pleurerai. – C’est ta faute, dit le petit prince, je ne te souhaitais point de mal, mais tu as voulu que je t’apprivoise… – Bien sûr, dit le renard. – Mais tu vas pleurer ! dit le petit prince. – Bien sûr, dit le renard. – Alors tu n’y gagnes rien ! – J’y gagne, dit le renard, à cause de la couleur du blé. »

Quand les liens de fraternité sont profonds, l’heure du départ est toujours un peu douloureuse. Pour le renard la couleur du blé était l’occasion de se souvenir du Petit Prince et de ses cheveux blonds. Pour nous, ici à Plovdiv, les lieux que nous avons partagés pendant de longues années avec le P. Petar seront l’occasion de pouvoir y « gagner » car ils nous rappellerons ce frère que nous aimons bien.

Благодарим отец Петър

На многая лета

 La communauté des frères et des sœurs de Plovdiv