OK Su questo sito NON utilizziamo cookie di profilazione di terze parti. Se vuoi saperne di più o prestare il consenso solo ad alcuni utilizzi clicca qui. Cliccando sul pulsante OK, o continuando la navigazione effettuando un'azione di scroll, presti il consenso all'uso di tutti i cookie.

Devenir Assomptionniste

Augustins
de l'Assomption




Les Augustins, Oblates et Laics de l

502_big.jpg

Emmanuel d'Alzon, fondateur des Assomptionnistes et des Oblates de l’Assomption était un passionné de l’éducation et de l’enseignement, marqué par l’esprit d’initiative et le goût du combat spirituel. Treize branches religieuses sont nées de son inspiration. 

Le fondateur des ordres religieux des Assomptionnistes (1845) et des Oblates de l’Assomption (1865), considéré comme une des hautes figures du diocèse de Nîmes dont il fut durant presque quarante ans le vicaire général, vit aujourd’hui au rythme des enfants. Sa statue est installée dans la cour de jeux des élèves du primaire, au sein de l’Institut qui porte son nom à Nîmes, témoignage d’une passion pour l’éducation et l’enseignement qui ont marqué son parcours de baptisé, de prêtre et de religieux fondateur. 

L’enfant d’un siècle mouvementé

Son siècle, marqué par les révolutions et l’industrialisation qui s’annoncent, n’a que dix ans et la France vit les premières défaites de l’Empire napoléonien. Emmanuel d’Alzon naît dans une famille aristocratique dont le père, le vicomte Henri Daudé d’Alzon, s’est engagé en politique comme député attaché au légitimisme de la droite royaliste. Emmanuel vit la jeunesse heureuse d’un enfant puis d’un jeune homme riche, soutenu par une famille unie. Il reçoit la formation qui caractérise l’élite de l’époque, tant dans le Midi qu’à Paris. C’est au cœur du vaste domaine familial du château de Lavagnac (Hérault) qu’il mûrit son choix pour le sacerdoce. Adolescent, il s’était projeté dans la carrière militaire. Ses parents l’avaient invité à regarder du côté du droit et de la magistrature. Une autre vocation s’impose à lui à partir de convictions fortes : se vouer à la défense de la religion et de l’Église dans un contexte qui les récuse, et contribuer à transformer cette société qui a promu les droits de l’homme. Il sera catholique d’abord, ultramontain, républicain ensuite, en prônant la supériorité du religieux sur le politique.

À 22 ans, le jeune homme part pour treize mois au grand séminaire de Montpellier. Après y avoir reçu les ordres mineurs, il préfère poursuivre ses études théologiques à Rome où il est ordonné prêtre en décembre 1834. La même année voit la condamnation par le pape des idées de Lamennais (1782-1854), l’auteur de Paroles d’un croyant qu’admirait le séminariste d’Alzon, comme beaucoup à cette époque. La Ville éternelle restera l’une de ses destinations favorites. Il s’y forgea une maxime de vie célèbre pour qualifier son catholicisme ultramontain : «Agir pour Rome toujours, contre jamais, quelquefois sans».

Une multitude d’œuvres

De retour à Nîmes, l’abbé se fait remarquer par son zèle, parfois brouillon aux dires de ses contemporains. Un nouvel évêque, Mgr Cart, le choisit comme vicaire général. «Il me poussera, je le retiendrai», lance-t-il, comme pour décrire un tempérament. Des projets, Emmanuel d’Alzon n’en manque pas, dont celui de reprendre, à partir de 1844, une institution scolaire en perte de vitesse pour la transformer en collège catholique libre. C’est dans ce même lieu que va se confirmer un autre choix pour le Cévenol, celui de la vie religieuse, avec l’aide de laïcs et de prêtres associés à son entreprise dès les origines. L’abbé d’Alzon, devenu le P. d’Alzon, s’inspire des anciens ordres religieux, sous le patronage de saint Augustin, associant la prière régulière et la vie communautaire du moine avec l’apostolat du prêtre diocésain, en les inscrivant dans son temps. Une nouvelle famille religieuse, modeste puisque réunissant cinq personnes, se forme dans la nuit de Noël 1845. À la mort du P. d’Alzon, le 21 novembre 1880, à Nîmes, la congrégation compte 79 religieux dispersés en treize communautés (France et Bulgarie) et une multitude d’œuvres. Parmi celles-ci se distinguent l’enseignement, le travail pour le dialogue avec l’orthodoxie (la Mission d’Orient, à partir de 1862), les pèlerinages populaires (à Lourdes, dès 1873), des journaux pour la formation d’une opinion catholique et la participation de celle-ci dans l’espace public (Le Pèlerin en 1873 et le quotidien La Croix en 1883), des petits séminaires (ou alumnats) pour les enfants de familles modestes et des orphelinats.

L’aventure missionnaire assomptionniste, commencée en Australie en 1860 mais qui fut sans lendemains, s’est poursuivie ailleurs. La congrégation est présente aujourd’hui dans 31 pays et compte cent vingt communautés (928 religieux et 56 novices).

Traits de famille

Que retient-on du charisme d’Emmanuel d’Alzon, déclaré vénérable par Jean-Paul II en décembre 1991 ? Qu’y a-t-il d’original à prendre comme carte de visite la citation du Notre Père : «Que ton règne vienne» (Adveniat regnum tuum, ART) en nous et autour de nous? Le P. d’Alzon invite à se centrer sur l’essentiel : l’amour de Jésus Christ, de la Vierge et de l’Église. Le triple amour, en tous temps, et qui se décline au présent sans difficulté: ses héritiers parlent d’accents sociaux, doctrinaux et œcuméniques, s’inspirant de saint Augustin, autour de la charité, de la vérité et de l’unité.

Deux cents ans plus tard, ces traits de famille se sont inscrits dans de nouveaux territoires et cultures. Au total, treize branches religieuses sont nées de l’inspiration d’Emmanuel d’Alzon et de ses successeurs. Du Midi des origines aux cinq continents, l’esprit a pris corps.

Dans sa nombreuse correspondance (8 000 lettres), Emmanuel d’Alzon utilisait souvent l’adverbe «rondement». Un religieux missionnaire assomptionniste en Corée évoque le P. d’Alzon avec le mot «yolchim» (l’ardeur, le zèle, l’assiduité, la diligence, le sérieux). De ce mot découle un des adverbes les plus utilisés dans la langue coréenne, que l’on pourrait traduire par «à fond». À l’autre bout du monde, au Togo, un assomptionniste parle d’Emmanuel d’Alzon comme d’un traceur de chemins pour les hommes et les femmes, y compris de cette partie de l’Afrique. L’intuition se prolonge. Comme le résume un proverbe africain : «C’est au bout de l’ancienne corde que se tisse la nouvelle».

Robert Migliorini