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Centenaire de la Basilique St. Augustin à Hippône

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2014-05-18 - (Annaba), Algérie

Centenaire de la Basilique St. Augustin à Hippône (Annaba), Algérie

L’église de St. Augustin à Hippône, récemment et magniquement restaurée et dûment designée Basilique, se situe perchée visiblement sur une colline isolée qui domine tout le paysage environnant: la côte méditerranéenne, la ville moderne d’Annaba, l’imposant Massif d’Edough et, à ses pieds, le vaste ensemble des ruines de l’ancienne ville romaine et byzantine d’Hippône.

Le 2 mai, en présence des nombreux évêques, y compris le Cardinal Philippe Barbarin de Lyon et Mgr. Thomas Yeh Sheng Nan, le nonce apostolique en Algérie, aussi bien des centaines des invités chrétiens et musulmanes, son Éminence, Cardinal Jean-Louis Tauran, Président du Conseil Pontifical pour le Dialogue Interreligieux et envoi spécial du Pape François, a présidé des cérémonies marquant le centenaire de la construction de cette église et de sa désignation de Basilique.

Dans son homélie, Cardinal Tauran a parlé de la vocation particulière de la communauté chrétienne d’Algérie. Sur cette terre à majorité musulmane, la mission de l’Église est d’être présente, même en petit nombre, pour être un témoin de la foi au Christ. De cette église restaurée, il a dit: «Oui, ces pierres expriment mieux que les mots la volonté d’une communauté chrétienne de demeurer fidèle à sa vocation interreligieuse, désireuse de continuer à vivre et à travailler avec ses amis pour le bien commun de la société algérienne. Une église, comme une mosquée, a encore déclaré le cardinal Tauran, a pour vocation aussi de nous garder proches de Dieu».

 Le Cardinal Tauran a exhorté l’assemblée à prendre exemple sur Saint Augustin dont la vie, l’intelligence et la relation à Dieu est un modèle pour tous: «à chercher la vérité par un retour à l’homme intérieur, tout en aimant la beauté et le plaisir à condition qu’ils ne deviennent pas un idéal ou un absolu. A découvrir la présence de Dieu au plus profond de chacun d’entre nous. A reconnaitre la trace de Dieu dans les beautés de la nature, dans la limpidité d’une pensée ou dans l’amitié partagée. A  aimer la paix qui ne peut advenir que par des méthodes de paix : "parce que c’est un titre de gloire plus grand, de tuer la guerre par la parole que de tuer les hommes par l’épée" (Ep. 229, 2). A apprécier l’amitié. A considérer l’histoire comme façonnée par trois facteurs concomitants: la providence, la justice et la paix : la providence qui guide l’histoire des sociétés, la justice qui s’imprime comme idéal dans le cœur de l’homme et la paix qui en est le but final»

 Le Cardinal Tauran a terminé son homélie en espérant que nous «puissions apprendre de Saint Augustin cette  "intelligence du coeur" qui nous permet d’entendre et d’accueillir le cri douloureux de l’homme seul, sans travail, marginalisé, oublié, emprisonné, torturé»

Plus tard dans la journée, lors d’une conférence à laquelle ont assisté les principals autorités musulmanes de la ville, le Cardinal Tauran a ajouté:    «vivre ensemble, être confrontés aux mêmes problèmes, aux mêmes difficultés, comme croyants… cette spontanéité dans les relations est la base de tout dialogue et le dialogue interreligieux se base toujours sur l’amitié : on doit se connaître, s’aimer mutuellement et faire un bout de chemin ensemble» 

Le peuple algérien est « un peuple qui assume son histoire » et qui a «reconnu qu’Augustin est un Algérien… et quel algérien !… Un penseur de génie qui unit les deux rives de la Méditerranée», poursuit-il: «Saint Augustin a écrit certaines des plus belles pages de la théologie alors que la ville d’Hippone était assiégée: il se prodiguait en même temps pour les réfugiés ; c’était un pasteur qui suivait la vie quotidienne de ses fidèles».
 Pour le cardinal, la basilique de Saint-Augustin «est un signe très fort, surtout dans un pays musulman où la prière joue un rôle important». Elle rappelle «que les chrétiens aussi, avec la majesté de cette église, louent le Seigneur, l’unique Dieu, et qu’ils sont fidèles à leurs devoirs». Elle rappelle aussi «qu’il n’y a pas d’avenir si cet avenir n’est pas partagé».

 Il estime que les églises «doivent toujours êtres ouvertes pour accueillir ceux qui recherchent un peu de silence pour penser, pour prier, et pour rappeler aux concitoyens que l’homme ne vit pas seulement de pain».

Ses remarques ont été précédées par une présentation passionnante du Dr. Abderrezak Bensalah, un écrivain local largement reconnu et un grand dévot de St. Augustin qui a publié deux romans historiques et qui se situent à l’époque de cet illustre fils d’Afrique du Nord, Nesmis, Fille d’Hippône et Genséric, Roi de Berbérie. 

Les événements de cette celebration ont pris fin le lendemain, le 3 mai, avec une visite guidée des ruines d’Hippône Regius et un merveilleux récital de l’orgue restaurée de la basilique. La visite de l’ancienne ville, menée par le directeur du site, incluait les restes de la cathédrale de St. Augustin, du baptistère, du cimitère où il a été enterré à l’origine, et des fondations de ce qui était probablement son monastère. Le quartier chrétien de l’ancienne ville ne compte qu’une petite partie de cet ensemble de plus de 85 hectares.
 
Au moment de la mort de St. Augustin en 430, les Vandales, une tribu germanique, assiègeaient la ville qu’ils ont détruite par la suite.  Moins de trois siècles plus tard, elle est tombée entre les mains des armées musulmanes. Cette Église à laquelle Augustin avait donné toute sa vie lutte pour survivre dans un contexte politique et religieux qui est, sinon hostile, au moins complètement indifférent à son égard.  

Père John Franck, a.a.

   

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