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Devenir Assomptionniste

Augustins
de l'Assomption




Lettre à la congrégation et aux laïcs de l’Alliance à l’occasion de la pandémie de Covid 19

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2020-04-02 - Rome

« Fixons notre espérance en Dieu ! »

Chers Frères, chères Sœurs, chers amis,

Il y a quelques semaines encore nous ne pouvions pas imaginer que notre monde serait confronté à une grave crise sanitaire. Et puis, « Comme cela s’est passé dans les jours de Noé… On mangeait, on buvait, on prenait femme, on prenait mari, jusqu’au jour où Noé entra dans l’arche et où survint le déluge … » (Lc 17,26-27) 

Le message que je vous adresse est un encouragement à vivre ce temps de détresse dans la paix et l’espérance. Notre Carême sera plus long cette année car il y a fort à craindre que les mesures sanitaires persistent au-delà de la fête de Pâques. Mettons à profit ce temps pour renforcer l’amitié avec Jésus-Christ. Il est trop tôt pour tirer des leçons de l’actuelle crise. Le temps est d’abord celui de la lutte contre le mal. Les nombreux exemples de solidarité doivent nous inciter à contribuer à l’élan de générosité qui traverse le cœur de nos contemporains. L’erreur serait de se replier sur soi et d’oublier le frère ou la sœur qui partage mon sort. Prenons le temps pour lire plus attentivement la Parole de Dieu. Cherchons à voir comment nos ancêtres dans la foi ont pu traverser des épreuves aussi dures en mettant leur confiance dans le nom du Seigneur. Mettons notre énergie à développer de nouvelles solidarités. D’abord dans nos communautés, où beaucoup d’entre nous sont désormais cloisonnés, mais aussi en dehors de celles-ci en rejoignant les personnes isolées par le téléphone ou les médias sociaux. Cherchons à témoigner de notre fraternité auprès de nos anciens en maisons de retraite et manifestons-leur notre amitié. Soyons aussi attentifs des envers les communautés qui sont en situation précaire par manque de moyens pour vivre et montrons-nous solidaires. Vivons la communion de cœur et d’esprit avec les laïcs de l’Assomption dont certains sont en première ligne pour combattre le fléau.

Mais aussi cultivons la vertu d’espérance. Il n’est pas bon de rejoindre la cohorte de ceux qui critiquent les responsables politiques ou sanitaires cherchant à identifier les fautifs, les responsables. Dans le combat contre le mal, puisqu’il s’agit bien de cela, nous devons nous engager à témoigner de l’espérance chrétienne qui est une « espérance contre toute espérance. » (Rm 4,18) Souvenons-nous plutôt de la parole de Jésus qui disait qu’il « faut travailler aux œuvres de Celui qui l’a envoyé tant qu’il fait jour. » (Jn 9, 4) Même si nous pensons que la nuit vient, notre mission dans le monde est de manifester la Lumière du Christ qui triomphe de tout mal et des ténèbres. Tant qu’il y aura des chrétiens et des hommes et des femmes de bonne volonté qui lutteront contre le mal, celui-ci n’aura pas le dernier mot. Christ est la Lumière du monde et en lui point de ténèbres. La foi que nous avons est parfois sujette à des faiblesses. Elle est parfois assaillie par le doute et les questions, mais notre foi est vivante et elle contribue à cet immense combat contre le mal. La pandémie du coronavirus est en quelques sorte l’image de ce combat éternel que se livrent le mal et le bien. A l’Assomption, nous connaissons le prix à payer pour garder la fidélité à notre foi. Nous avons des martyrs, des frères et des sœurs qui ont donné leur vie pour témoigner de leur amour du Seigneur. Mais il y a aussi de nombreux anonymes qui ont tout simplement au cours de leur existence été au service de l’humanité. Nous devons nous inspirer de leur exemple.

Mais la foi en régime chrétien est toujours synonyme d’engagement. Que puis-je faire pour lutter contre le mal? Il y a un combat en moi qui est celui contre le péché. Le Carême nous invite à faire de la place pour Dieu et à nous débarrasser de tout ce qui entrave notre marche vers le Royaume. Nous pourrions faire un profond examen de conscience pour regarder à la lumière du Christ tout ce qui est atteinte à la volonté de Dieu. 

Alors que nous sommes cloîtrés dans nos maisons et nos communautés, il y a une communion spirituelle à établir les uns avec les autres. La prière est notre force, notre refuge. Non pas pour fuir la réalité angoissante, mais pour nous unir plus profondément à ceux qui combattent contre le mal, la solitude et la mort. Pensons à nos frères et sœurs malades ou isolés ; prions pour les soignants et pour tous ceux qui par leur travail assurent la continuité des services ; prions également pour les pasteurs et les prêtres qui aujourd’hui sont souvent démunis et ne peuvent pas rejoindre le peuple de Dieu.

Le jubilé des 175 ans de notre fondation est marqué par ce fléau épidémique. Nul ne peut se dire à l’abri. L’Assomption sait qu’elle n’a pas les promesses de la vie éternelle, mais elle sait aussi qu’elle est appelée à rendre grâce à Dieu pour tout ce qu’il fait pour l’humanité. Notre mission à l’Assomption est de poursuivre «sans ombre ni trouble au visage» l’annonce de la Bonne nouvelle. Pour cela, je conclus laissant la plume à notre Père Saint Augustin qui devant l’effondrement de Rome voyait la possibilité d’un renouveau. 

« Dieu n’a pas promis que les choses d’ici-bas ne périront pas, ni le Christ ne l’a promis. L’Éternel a promis de l’éternel : si je crois, de mortel que je suis, je deviendrai éternel…

En tout temps je bénirai le Seigneur, toujours sa louange sera dans ma bouche. (Ps.33, 2). Que le monde soit heureux, que le monde soit en ruines, je bénirai le Seigneur qui a fait le monde ; oui, certes, je le bénirai.

La cité qui nous a vus naître dans la chair est encore debout. Deo gratias ! Plaise à Dieu qu’elle naisse selon l’esprit et qu’avec vous elle passe à l’éternité. Si la cité qui nous a engendrés selon la chair vient à périr, celle qui nous a engendrés dans l’esprit, ne passe pas…

La cité sainte, la cité fidèle, la cité qui pérégrine sur terre, a ses fondements dans le ciel. Pourquoi vous effrayer de ce que croulent les royaumes de la terre ? Dieu vous a promis un royaume dans le ciel, afin que vous ne périssiez pas avec ceux de la terre…

Ne nous laissons donc point abattre, Frères, les royaumes d’ici-bas auront tous une fin. Cette fin est-elle arrivée? Dieu le sait. Peut-être n’est-ce pas encore. Et, faiblesse ou compassion, ou misère, nous souhaitons que ce ne soit pas encore : mais pour autant cette fin ne sera-t-elle pas?

Fixez votre espérance en Dieu, désirez, attendez les biens éternels. Vous êtes chrétiens, Frères, nous sommes chrétiens. Ce n’est pas pour vivre dans les délices que le Christ s’est incarné : supportons les choses présentes plutôt que de nous y attacher. Pourquoi installer notre cœur en terre quand cette terre ne nous présente que des ruines? » (1)

Bientôt, nous célébrerons la Semaine Sainte et la grande solennité de Pâques. Même si cette année, les offices seront privés de la participation du Peuple de Dieu, nous serons tous unis par la pensée et la prière. Nous ferons Église malgré tout. C’est la Vie du Christ qui va nous être donnée en abondance. La mort n’aura pas le dernier mot.

Que l’Esprit-Saint nous guide à travers les épreuves de cette vie et qu’il nous donne de témoigner du Père et du Fils. Que le Seigneur vous garde et vous protège !


Père Benoît GRIÈRE a.a.
Supérieur général

 

(1) Sermon 105, in Saint Augustin, maître de vie spirituelle, p.136-137, éditions Xavier Mappus, 1960.