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Devenir Assomptionniste

Augustins
de l'Assomption




Visite Canonique Burkina Faso

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2018-10-02 - Ouagadougou

Du 24 au 30 septembre, le père Benoît Grière, Supérieur général de la congrégation des Augustins de l’Assomption depuis 2011, était à Ouagadougou.

À cette occasion, il a présenté à la Croix Africa la vision de sa congrégation pour le continent africain.

La Croix Africa : Les Augustins de l’Assomption sont présents en Afrique, dans des zones touchées par l’insécurité, le fanatisme religieux, où l’immigration. Quelles actions posent-ils pour aider les populations confrontées à ces problèmes ?

Père Benoît Grière : Les défis à relever partout dans le monde sont nombreux. L’Assomption, là où elle est présente, essaie de contribuer avec ses modestes moyens à travailler pour la concorde, la paix et la justice. Notre action est souvent discrète car il s’agit d’éveiller les consciences et former les personnes pour que chacun trouve sa place dans la société civile pour la transformer selon l’esprit de l’Évangile. En RD-Congo, nous avons fondé, il y a plus de 15 ans, une université dans la région de Butembo. L’est de la RD-Congo est en proie à une guerre larvée qui ne dit pas son nom mais où régulièrement des hommes, des femmes, des enfants sont massacrés. Nous voulons travailler à la justice et promouvoir la paix. Cela passe par l’éducation de la jeunesse, notamment et par la formation de leaders des communautés chrétiennes. Nous ne voulons pas nous résigner à l’état des choses et nous prônons partout le dialogue et l’échange. Devant l’omniprésence de l’islam, nous souhaitons avoir des religieux capables de contribuer au dialogue avec cette religion pour sortir des préjugés réciproques et favoriser l’entente fraternelle. Actuellement, nous formons deux religieux aux études islamiques et ils apprennent courageusement la langue arabe…

La Croix Africa : Votre congrégation est propriétaire et actionnaire unique du groupe de presse Bayard avec sa filiale « Bayard Afrique » au Burkina Faso. Quels sont les enjeux de la présence de Bayard en Afrique ?

Père Benoît Grière : Le centre de gravité du christianisme se déplace vers le sud de notre planète. L’enjeu pour Bayard est d’accompagner ce mouvement et de répondre aux besoins de l’homme et de la femme africains notamment en matière de formation religieuse, d’éducation et de promotion de la justice. Bayard, en s’installant au Burkina, veut aussi créer les conditions pour faire naître des nouvelles propositions éditoriales qui seront pensées par les Africains et pour les Africains. Cela demande du temps et de la patience. L’Assomption n’a pas pour vocation d’établir une entreprise dont les finalités seraient uniquement commerciales. La venue de Bayard au Burkina répond à un appel missionnaire : il s’agit de diffuser largement le message que le Christ a donné aux hommes dans son Évangile. La jeunesse africaine qui représente une part considérable de la population locale a besoin de recevoir un appui pour sa croissance humaine et spirituelle. Nous avons l’audace de croire que nous pouvons apporter notre contribution à cette ambition grâce à la présence de notre œuvre de médias. Nous serons aussi attentifs aux besoins des familles et du clergé africain.

Quels sont les autres chantiers des assomptionnistes en Afrique ? Dans quels domaines interviennent-ils ?

Père Benoît Grière : Il est difficile d’énumérer les divers chantiers où nous sommes engagés. Il y a, comme je le disais précédemment, l’éducation sous toutes ses formes : écoles, collèges, université. Il y a les paroisses et la formation d’un laïcat responsable dans les communautés chrétiennes. Nous sommes aussi engagés dans la première évangélisation, notamment en Tanzanie où nous annonçons l’Évangile dans des contrées où cela n’était pas encore réalisé. Nous travaillons dans le domaine de l’agriculture, par exemple en cherchant des semences résistantes aux divers « nuisibles » qui les affectent (virus, parasites, etc.). Nous sommes engagés dans le dialogue œcuménique et interreligieux. Notre désir profond est de favoriser la communion entre tous les hommes.

Quels défis se présentent à votre congrégation dans le continent africain ?

Père Benoît Grière : L’arrivée de nombreux jeunes pour devenir assomptionnistes nous confronte au défi de leur formation. Les formateurs disponibles pour les accompagner ne sont pas en nombre suffisant. Nous devons renforcer notre dispositif.

La montée des extrémismes et de l’insécurité est malheureusement un obstacle à notre action. Nous voulons former des jeunes religieux qui sont ouverts à l’accueil de l’autre et au respect de la diversité. Là aussi, c’est un long travail.

Enfin, n’oublions pas que la réflexion intellectuelle, notamment en théologie, mais pas exclusivement, doit devenir de plus en plus inculturée. Il s’agit de susciter une nouvelle génération de penseurs chrétiens capables de penser l’universel à partir de leur héritage africain. L’Assomption, même modestement, a le désir de participer à ce mouvement de renouveau pour que le Christ continue d’inspirer de nouvelles générations d’hommes et de femmes dans le continent.

Recueilli par Hortense Atifufu