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Béatification des 19 Martyrs d’Algérie

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2018-02-07 - Algérie

Ils avaient donné leur vie au Christ et au peuple algérien, et sont restés fidèles à cet engagement jusque dans l’épreuve de la violence qui a défiguré l’Algérie pendant la décennie noire. C’est toute l’Église catholique qui reconnaît aujourd’hui la force de leur témoignage (« martyr » signifie « témoin »), celui d’une vie chrétienne vécue au milieu de musulmans.

Le pape François vient d’autoriser la signature du décret de béatification de Mgr Pierre Claverie et ses 18 compagnons. « Une vie au service de tous » « Chacun est mort parce qu’il avait choisi, par grâce, de rester fidèle à ceux et celles que la vie de quartier, les services partagés, avaient fait leur prochain », écrivent les évêques d’Algérie dans un communiqué commun. « Leur mort a révélé que leur vie était au service de tous : des pauvres, des femmes en difficultés, des handicapés, des jeunes, tous musulmans. Une idéologie meurtrière, défiguration de l’islam, ne supportait pas ces autres différents par la nationalité, par la foi ».

Parmi ces martyrs tués entre 1993 et 1996 figurent les sept moines de Tibhirine, enlevés et assassinés au printemps 1996, Mgr Pierre Claverie, ancien évêque d’Oran assassiné en août de la même année, mais aussi un frère mariste, Henri Vergès, quatre pères blancs, assassinés à Tizi Ouzou au lendemain de Noël 1994 et six religieuses de différentes congrégations présentes en Algérie(Notre-Dame des Apôtres, Augustines missionnaires, Petites sœurs du Sacré Coeur et Petites sœurs de l’Assomption).
 
 « Ce serait une très mauvaise nouvelle que cette béatification apparaisse comme une histoire de catholiques qui se mettent en valeur sur le dos des Algériens, de musulmans, alors que c’est tout le contraire que nous souhaitons ». Ne pas rouvrir les anciennes blessures.Inlassablement, ils ont rappelé en direction du Nord de la Méditerranée que « ce ne sont pas des musulmans qui ont tué des chrétiens mais tout un peuple qui a été pris dans l’étau d’un terrorisme à grande échelle », selon la formule de Mgr Paul Desfarges, archevêque d’Alger. Et en direction du Sud, qu’il n’est bien sûr pas question pour eux, pas plus que pour l’Église universelle, de nier le témoignage des 200 000 Algériens, imams, écrivains, journalistes, enseignants ou médecins, qui ont eux aussi « donné leur vie en fidélité à leur foi en Dieu et à leur conscience » pendant la décennie noire. Et en particulier ces « 99 imams qui ont perdu la vie pour avoir refusé de justifier la violence ». A tous, ils ont redit que les nouveaux bienheureux « ne sont pas des héros », mais simplement des « membres d’une petite Église catholique en Algérie pour qui, « quand on aime quelqu’un on ne l’abandonne pas au moment de l’épreuve. C’est le miracle quotidien de l’amitié et de la fraternité ».

Ces béatifications disent que la haine n’est pas la juste réponse à la haine, qu’il n’y a pas de spirale inéluctable de la violence. Elles veulent être un pas vers le pardon et vers la paix pour tous les humains, à partir de l’Algérie mais au-delà des frontières de l’Algérie. Elles sont une parole prophétique pour notre monde ». (Anne-Bénédicte Hoffner)

Frère Henri Vergès, mariste

Né le 15 juillet 1930 dans les Pyrénées Orientales (France), il commence son itinéraire vers la vie mariste à 12 ans et prononce ses vœux perpétuels dix ans plus tard. Il arrive en Algérie à l’âge de 39 ans, après l’indépendance, d’abord comme directeur de l’école Saint-Bonaventure, à Alger puis comme professeur de mathématiques à Sour-El-Ghozlane. Son insertion dans le monde musulman, sa vie « dans ce milieu » lui ont permis de se « réaliser plus profondément en tant que chrétien marise », écrit-il. À partir de 1988, il devient responsable de la bibliothèque du diocèse, située dans la Casbah, et fréquentée par les jeunes du quartier. C’est là, dans son bureau, qu’il est assassiné avec Sœur Paul-Hélène.

Sœur Paul-Hélène Saint-Raymond, Petite Sœur de l’Assomption

Parisienne, cette dernière est entrée chez les Petites Sœurs de l’Assomption après des études d’ingénieur. Ses premières missions la conduisent en mission auprès des familles ouvrières en France, puis à Alger juste après l’indépendance. Elle y exerce le métier d’infirmière, ainsi qu’au Maroc et en plus brièvement Tunisie. En 1988, elle rejoint la communauté de Belcourt à Alger et travaille à la bibliothèque de la Casbah avec le Frère Henri Vergès. Interpellée par la violence qui règne alors, elle écrit qu’« il faut commencer soi-même à lutter contre sa propre violence ». À Mgr Teissier qui la met en garde, elle répond ? : « Père, de toute façon nos vies sont déjà données ».