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Augustins
de l'Assomption




Retraite d’Avent-Communauté de la Maison Général

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2017-11-26 - Rome

P. Alberto Toutin, S.S.C.C.
Introduction

1. Entrer avec l’Église dans le temps liturgique de l’Avent comme des croyants (qui font confiance à Celui qui parle), comme des disciples (se mettent à l’écoute). Pour ce faire, je vous propose d’entrer dans le mouvement de la liturgie de ces quatre dimanches de l’Avent. Dans cette optique, peut-être, nous (re-) découvrons « le goût/plaisir spirituel » d’appartenir au peuple des croyants (EG 268). À chaque fois, je vous propose un ou deux appels comme des coups de pinceau pour brosser ensemble un tableau. Choisissez-vous le texte dont le ton résonne davantage en vous…Laissez-vous guider par l’écho d’une Parole en vous, par sa résonance afin que la parole d’accomplisse en vous/ en nous.

2. L’avent c’est le temps qui nous dispose à approfondir notre espérance, confiés dans la venue déjà accompli en Jésus de Nazareth. Mais l’incarnation du Verbe nous offre une sorte de clé de compréhension d’un Dieu sort et qui ne cesse de venir nous rejoindre dans notre histoire et ouvre nos espérances et celles de l’humanité à l’espérance de Celui qui est venu qui vient et qui viendra.  Dans cette perspective, les questions qui sous-tendent cette méditation sur l’Avent sont bien : Dieu, comment vient-il nous rejoindre? Comment le reconnaissons-nous comme le Dieu de l’espérance ?

I. Reviens-veillez

Reviens (Is 63,17) c’est le cri adressé à Dieu par le peuple d’Israël, en bouche du prophète Isaïe. Le prophète solidaire avec le peuple auquel il s’adresse (parle en « nous ») tâte le pouls de l’histoire, sonde le présent devant Dieu, en s’adressant à lui. C’est un examen de conscience d’un groupe qui le fait devant Dieu, dans une relation de prière.  Il perçoit Dieu lointain- exprimé sous la forme de : « Dieu qui cache son visage ». Mais le revers de cette déclaration est l’aveu du peuple de son éloignement de Dieu et aussi de son péché qui ont opaque le visage de Dieu.

Un peuple égaré : « Pour quoi nous fais-tu errer, Seigneur, loin de tes chemins, et endurcis-tu nos cœurs qui sont loin de te craindre ? » (Is 63, 17)

Un peuple emporté par ses propres perversités : « Tous, nous avons été comme l’impur, et tous nos actes de justice, comme les linges répugnants ; tous, nous sommes fanés comme la feuille, et nos perversités, comme le vent, nous emportent. Nul n’en appelle à ton nom, nul ne se réveille pour t’en saisir…tu as laissé notre perversité nous prendre en main pour faire de nous des disciples. » (Is 64,5-6)
Dieu a caché son visage. Mais le peuple continue de l’invoque et de s’y rapporter. Cela suppose de travail de vérité devant Dieu pour faire la part de choses et essayer d’y voir plus claire. Qu’est- ce qu’il nous revient à nous cette expérience d’égarement et de dégradation religieuse de ce peuple ?

Veillez (Mc 13, 35. 37)

L’évangile de Marc insiste sur cette vigilance, restez éveillés. Cela en partie, parce que même notre espérance s’affaiblit. Puis, par rapport à nos attentes, nous pouvons avoir le sentiment que le Seigneur tarde à venir. Néanmoins le texte est traversé par la certitude de la venue du Seigneur.  Voilà la seule chose sûre. C’est par rapport à nous, à nos attentes et à la difficulté de tenir dans l’espérance, humainement parlant. Nous courons le risque de nous assoupir, de nous endormir- même ayant les yeux ouvert mais les sens engourdis. Cette appel à la vigilance évoque comme une anticipation, la résurrection (et aussi de rester éveillé « à la belle étoile » (de nuit et en plein air).

II. Consolez-Préparez le chemin

Consolez

Le prophète Isaïe chemine avec son peuple, comme sacrement de Dieu qui marche aussi avec son Peuple. Encore une fois, faisant corps avec ce peuple, Isaïe l’exhorte à sortir de son renfermement sur soi-même, du sentiment d’avoir été abandonné du Seigneur. Forte de la certitude de sa venue, Dieu par la bouche su prophète l’appelle à devenir peuple de consolation. Ceux qui reviennent de la déportation, sont associés à la mission de Dieu, à annoncer par leur vie, la présence consolatrice de Dieu. Eux ont été affinés par ce temps d’épreuve, traversé dans la foi :

« Consolez, consolez/Réconfortez, mon peuple. Parlez au cœur de Jérusalem et proclamez à son adresse que sa corvée est remplie et que son châtiment est accompli » (Is 40,1-2)

C’est la consolation qui jaillit de la présence de Dieu, visible dans la foi et dans l’attente de ce peuple qui a traversée l’épreuve, le voilement de la présence de Dieu. Maintenant sa présence se dévoile et on peut la toucher du doigt quasi dans la foi de ce peuple en marche : « Voici votre Dieu, voici le Seigneur Dieu » (Is 40,9)

Préparez le chemin…

Dieu vient ou Dieu est en train de venir. C’est sa décision irrévocable. Fortes de cette espérance, ce qui nous revient est bien de ne pas être un obstacle à sa venue. En positif, il s’agit de préparer le chemin, aplanir la route. C’est bien cela que fait Jean Baptiste devant la venue de Jésus qui est plus puissant que lui et dont il n’est digne, en se courbant, de délier la lanière de ses sandales.

Concrètement cela veut dire pour ceux qui écoutent le message de Jean, entrer dans une dynamique de conversion : c’est-à-dire, sortir de soi-même, aller rencontrer Jean, se faire baptiser par lui, tout en confessant les propres péchés.

Où rencontrer la voix qui annonce Jésus et qui le pointe du doigt ? C’est en allant le rencontrer dans le désert. Cette insistance n’est pas neutre dans la démarche de conversion. Cela évoque le temps de l’épreuve, de la purification du peuple, mais aussi du rappel d’un amour toujours renouvelé de Dieu (Osée). Ce lieu-le désert-  en dit long aussi des lents temps de la purification…On ne va pas au désert, on doit le traverser.

En écho à cette parole de Jean Baptiste, guidé par sa voix, nous pouvons implorer la grâce de préparer nos chemins (individuels, congréganistes et ecclésiaux) pour la venue de Jésus. Et pour cela nous demandons la grâce de patience pour traverser le désert de la purification et de la rencontre de l’amour, toujours premier de Dieu. Nous pouvons faire notre les paroles de Etty Hillesum (Middleburg, Pays Bas 15 janvier 1919- Auschwitz 7 septembre 1943) où elle exprime le sens de son intercession pour les autres.

« Quand je prie, je ne prie jamais pour moi-même, mais je le fais toujours pour les autres, o bien je dialogue d’une façon espiègle ou très sérieusement avec la partie la plus profonde de moi-même, que pour le dire simplement, je l’appelle Dieu. Je trouve quasi enfantin que l’on prie quelque chose pour soi-même…il me semble aussi enfantin de prière pour que l’autre se trouve bien : pour l’autre on ne peut prier que pour qu’il réussisse à supporter la difficulté de la vie. Et si l’on prie pour quelqu’un, on lui envoie aussi un peu de la propre force. » (Etty Hillesum, 15 juillet 1942, Journal, cité par Alessandro Barban-Antonio Carlo Dall’Acqua, Etty Hillesum. Osare Dio, Citadella editrice, Assisi 2013, 127)

III. Envoyé-Témoigner

Le prophète Isaïe décrit la mission du messie, qui est une concrétisation du ministère de consolation dont Dieu avait investi tout le peuple des déportés qui reviennent à la patrie, à Israël.  Oint par l’Esprit de Dieu le prophète est envoyé à annoncer la bonne nouvelle aux pauvres, à guérir ceux qui ont le cœur brisé, annoncer aux prisonniers la délivrance et une année de grâce pour tous. Bref, il est appelé à mettre en œuvre la consolation de la part de Dieu comme une participation en l’action réparatrice de Dieu dans nos blessures ou infirmités individuelles et aussi dans nos fractures sociales.

Mais cette mission repose sur la transformation du propre envoyé. Lui-même se laisse façonner par le Dieu qui l’envoie, par une expérience nouvelle de Dieu dont la portée la découvre en se mettant en route vers ceux qui se trouvent affaiblis ou brisés. D’une certaine manière le prophète connaît Dieu (connaissance aimante) lorsqu’il se met en route en son nom, en cheminant en son nom. Fort d’une nouvelle expérience de Dieu, le messie exprime dans des images aussi puissantes que belles, la joie et l’allégresse vécue en Dieu et pour lui-même et pour le peuple. 

« Je tressaille de joie dans le Seigneur, mon âme exulte en mon Dieu. Car il m’a enveloppé du manteau de l’innocence et il m’a fait revêtir les vêtements du salut, comme un jeune époux se pare du diadème, comme une mariée met ses bijoux. » (Is 61,10) Mission de réparation et joie en Dieu, chez le messie ne font qu’un. Il est sa mission.

Témoigner

Jean Baptiste lui-même se comprend en relation à celui vient et qui se trouvent déjà ici.  Il est l’envoyé par Dieu, al voix qui crie dans le désert, le doigt qui pointe vers Jésus. Mais son style de vie, l’urgence de sa prédication suscitent des questions, interrogent les certitudes des religieux bien-pensants. Ceux-ci se demandent même si Jean-Baptiste est le Messie.

À la demande adressée à Jean sur son identité : « Qui es-tu ? » Il répond à ses inquisiteurs en leur disant la relation qui l’unit à celui qui vient. Son centre n’est pas lui-même sinon Jésus qui l’a saisi de l’intérieur et dont il est le précurseur.   

Qui est Jean-Baptiste ? Il est l’envoyé de Dieu, il est sa relation à celui qui vient dont il est le signe, la voix, le témoin, bref, le martyre. Envoi, message et mission deviennent une seule chose chez Jean. Il est le témoin de Jésus. Tellement crédible que l’on peut croire que c’est bien lui le messie. En tout cas, la cohérence de sa vie et de ses paroles, fait que sa personne interpelle, interroge, donne à penser et même donne à croire le Messie qui vient. Il dit par sa vie comme témoignage celui qui se trouve déjà au milieu de nous mais que « vous ne connaissez pas » avertit Jean à ses interlocuteurs.

Jean parle de la source qui le fait vivre en se donnant en corps et âme à Jésus, en assumant des risques par faire sienne la cause de Jésus. Ce témoignage rendu à celui qui le fait qui le fait vivre dangereusement se scelle par la mort de Jean. Son martyre est l’accomplissement de sa mission, de son identité comme témoin de Jésus. C’est pour cela qu’il était venu au monde.

Par le baptême et par la consécration religieuse, nous participons à la condition messianique de Jésus et nous sommes associés à sa mission. « Je suis mission une mission sur cette terre » (EG 273)

On espère bien d’appartenir de plus en plus à Jésus et à sa mission et donc quoi que nous faisions ou disions, ce soit bien lui qui agisse et parle à travers nous. Le témoignage de tous les disciples de Jésus est important. Faire partie dès à présent de « la nuée des témoins » (Hb 12,1) qui nous précédent et nous accompagnent dans le pèlerinage du corps du Christ sur les routes du temps.

IV. Laisser l’initiative à Dieu.

Le Dieu de l’Avent prend toujours l’initiative, nous « primerea » (selon le néologisme de François EN 24). Cela reste vrai, même lorsqu’on le découvre après-coup ou post-eventu, ou lorsque l’on croit que la recherche de Dieu commence en nous. Mais qui chercherait Dieu si celui-ci ne s’était pas laissé trouver (Cf Pascal pensées 8 H r°(Ed Lafuma 913) « Console-toi. Tu ne me chercherais pas, si tu ne m’avais trouvé »)

C’est bien cette façon d’agir de Dieu que découvre David et le prophète Nathan.  Au-delà des bonnes intentions de David – gêné par le fait que lui habite dans une maison de cèdre, alors que l’arche de Dieu reste dans une tente de toile- et des suppositions de Nathan sur David- Dieu est avec toi donc fais tout ce que tu as intention de faire), Dieu veut rester un Dieu itinérant, pour cheminer et accompagner son peuple dans toutes ses péripéties. Le Dieu fidèle qui se trouve à l’origine de toutes les initiatives du salut, le Dieu formateur de son peuple et bâtisseur de sa maison. 

En dernier ressort, Dieu veut rester non seulement le Dieu qui fait alliance avec un peuple, son peuple, mais aussi le Dieu qui veut entrer en relation avec David et être pour lui un père et David pour Dieu, un fils. C’est seulement en acceptant que Dieu reste le Dieu vivant, le Dieu-qui-est-père, le Dieu itinérant que David et Nathan peuvent se rendre utiles et à Dieu et au peuple.

Dieu va encore plus loin dans sa capacité d’initiative car il veut que son Fils prenne chair dans notre chair et devienne notre frère en humanité.  Pour cela, Dieu a besoin du concours d’une femme, Marie.  De l’intérieur même d’un projet dans lequel elle était déjà embarquée, elle-même a fait un chemin pour que Dieu reste celui qui prend l’initiative. 

Tout d’abord, le Dieu qui fait irruption, entre dans sa vie (chez elle) se présente pour ce qu’il est et fait pour elle : « Pleine de grâce, le Seigneur est avec toi » (Lc 1,38) Pour l’identité de Marie plus important que ce qu’elle est ou fait pour Dieu est d’accueillir ce que Dieu est fait pour elle.

Ensuite Dieu veut installer sa tente entre nous (Jn 1, 18) pour continuer sa vie itinérante avec son peuple, avec l’humanité. Le Dieu-avec-nous veut se faire chair de notre chair et associe Marie à son projet.
D’abord parce c’est bien elle qu’enfantera un fils et donnera le nom de Jésus. Elle devient ainsi la tente et le tabernacle de Dieu avec nous.

Puis, elle cherche à s’impliquer dès à présent dans la mission que Dieu le confie. Elle le fait avec son intelligence, sa sensibilité, sa foi.  Elle est introduite ainsi dans les vues de Dieu, de son action toute puissante sur elle. Dieu est non seulement le Dieu de grâce mais aussi le Dieu pour qui tout est possible (« le Seigneur de l’Impossible », comme l’appelait Sœur Magdeleine de Jésus). Mais cette action de Dieu peut se déployer si Marie y consent librement et inconditionnellement. Voilà donc en dernier ressort, la foi de Marie se résume et s’approfondit dans sa disponibilité à l’action/parole de Dieu dans sa vie. C’est à partir de cette acceptation active de Marie de l’action/parole de Dieu dans sa vie qu’elle peut syntoniser avec l’action de Dieu dans l’histoire- avec ses délais et ses critères-comme si cette action en faveur des pauvres, des humbles, était déjà accomplie (Magnificat)

Pour notre méditation (au matin)

1er Dimanche de l’Avent : Is 63, 16b-17.19b ; 64,2-7 ; Mc 13,33-37
2e Dimanche de l’Avent : Is 40, 1-5.9-11 ; Mc 1,1-8
3e Dimanche de l’Avent : Is 61,1-2.10-11 ; Jn 1,6-8.19-28
4e Dimanche de l’Avent : 2Sam 7,1-5.8-12.14a.16 ; Lc 1,26-38

1. Choisir un texte de la liturgie des 4 dimanche de l’Avent qui retentit le plus en ce moment de ta vie.

a. Dieu est train de venir vers nous, vers vers-moi : à quels signes reconnais-je sa venue ? Comment puis-je préparer le chemin à sa venue ? Quels sont les obstacles chez moi que je pourrais enlever ?
b. Où désires-je que le Seigneur vienne et montre son visage ? (Dans ma vie, dans la vie de la congrégation ou de l’Église ou dans le monde)
c. « Maranatha », « Viens Seigneur Jésus », « Que ton Règne vienne ».  Choisis une phrase ou un verset de l’Ecriture pour prier et raviver le désir de la venue du Seigneur.

  Pour notre méditation (dans l’après-midi)

• L’avent : Dieu qui est en train de sortir de soi-même et venir nous rejoindre dans les aléas de notre Histoire. 

• Nous ravivons cette mémoire du Dieu qui vient dans l’eucharistie, lorsque la communauté réunie au nom de Jésus proclame le mystère de la foi : Comme Corps du Christ nous disons : Nous proclamons, ta mort, Seigneur Jésus, nous célébrons ta résurrection, Viens Seigneur Jésus.

• Dieu reste nomade et itinérant. L’intimité avec Jésus est une intimité itinérante.

• Une église en sortie est la traduction ecclésiologique de la foi célébrée pendant l’Avent : Dieu sort et vient nous rencontrer et être aux prises avec notre histoire.

• Je suis une mission.

Lisez le chapitre V Evangélisateur avec Esprit de l’Evangelii Gaudium (259- 282)

Pour être une communauté témoin du Dieu qui vient en Jésus.

1. Quels traits (dynamiques, motions, styles) de l’Evangélisateur avec esprit résonnent le plus dans ma vie ?
2. Quel grâce demande-je au Seigneur et à l’Eglise pour moi et pour ma communauté pour être cette communauté de l’Avent, du Dieu qui vient en Jesus?