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Devenir Assomptionniste

Augustins
de l'Assomption




« La fraternité est le cœur de notre vie religieuse »

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2017-05-21 - Lyon

Père Benoît Grière : « La fraternité est le cœur de notre vie religieuse »

Réélu supérieur général des assomptionnistes, pour six ans, le Père Benoît Grière, supérieur général des augustins de l’Assomption, expose les priorités que s’est données la congrégation au cours de son chapitre, à Valpré (Rhône).
Pour lui, les religieux doivent être pour la société un exemple de vie fraternelle et de solidarité avec les plus faibles.

La Croix : Dans votre discours de clôture du chapitre des augustins de l’Assomption, le 17 mai à Valpré, vous affirmez votre conviction que « l’Assomption n’a pas fini sa course ». Où se dessine l’avenir d’une congrégation apostolique comme la vôtre ?

Père Benoît Grière : Notre congrégation a surgi pour répondre au besoin d’annoncer l’Évangile aux hommes de son temps et j’ai la conviction qu’elle a encore un rôle à jouer en la matière. Mais la donne a changé : née au XIXe siècle, l’Assomption est longtemps restée française. Aujourd’hui, c’est une congrégation implantée dans trente pays (lire les repères ci-dessous). Il s’agit pour nous de proposer une vision renouvelée de l’apostolat, centré sur la communauté : multiculturelle, multilinguistique, fraternelle. Il y a, dans notre monde, une attente de fraternité qui abolisse les frontières. Justement, le cœur du témoignage de l’Assomption, c’est la fraternité évangélique.

Le risque, pour une congrégation religieuse, n’est-il pas d’être condamné à l’insignifiance, pour reprendre l’un de vos termes ?

P. B. G. : Pour ne pas être condamné à l’insignifiance, il faut éviter le repli identitaire. Ne pas considérer que nous sommes les derniers et authentiques défenseurs de la foi. Cela nous ferait oublier que le monde contemporain est en quête de sens et attend que des personnes montrent, par leur engagement concret dans la société, que l’absurde n’est pas la destinée de l’homme. Le problème dans nos sociétés, c’est l’éclipse de Dieu. L’éclipse, ce n’est pas le crépuscule, c’est un temps limité. Notre champ de vision est envahi par des idoles, qui occultent la présence de Dieu. Je crois fondamentalement à des témoins qui vivent une solidarité avec les plus petits.

Y avait-il pour l’Assomption une forme d’urgence à retrouver ses fondements, notamment la vie communautaire ?

P. B. G. : L’esprit communautaire est une valeur essentielle pour l’Assomption, marquée par un esprit de famille et une grande simplicité dans les relations. Nous ne l’avions pas perdu, mais la vie en commun est très exigeante parce qu’elle est en contradiction avec l’autonomie de la personne, qui doit être tempérée par l’appartenance à une commu­nauté.

Les religieux ne sont pas des êtres d’exception, ce sont des boiteux, pour reprendre la formule de saint Augustin, qui ont été relevés. Saint Augustin disait : « Mieux vaut un boiteux sur le chemin qu’un coureur hors de la route. »

Aujourd’hui, beaucoup de gens courent mais pour aller où ? Nous ne sommes pas meilleurs, mais nous nous soutenons. Quand l’un tombe, l’autre le relève.

Cette priorité a-t-elle été rappelée au terme de votre chapitre ?

P. B. G. : Oui, de même que la recherche d’unité dans un monde divisé. Nous avons aussi conforté les sept  « œuvres mobilisatrices » de l’Assomption, définies au précédent chapitre : le centre Saint-Pierre-Saint-André de Bucarest, l’université de Worcester en Nouvelle-Angleterre, l’université Emmanuel-d’Alzon de Butembo en RD-Congo, un réseau d’écoles de brousse à Madagascar, le groupe Bayard Presse (propriétaire de La Croix, NDLR), l’auberge de jeunesse Adveniat à Paris, l’association Accompagner à Bruxelles qui aide les personnes en difficulté dans leurs démarches administratives.

Nous avons également affirmé l’importance de notre présence dans l’univers des jeunes et dans l’enseignement y compris supérieur, mais ce n’est pas exclusif : 70 % des assomptionnistes sont présents dans les paroisses. Le chapitre a redit aussi le caractère primordial de l’alliance laïcs-religieux, voulue dès l’origine par Emmanuel d’Alzon, conscient que notre congrégation, modeste, ne pouvait rien toute seule.

Les assomptionnistes répondent-ils à l’appel du pape d’aller aux périphéries ?

P. B. G. : D’abord, le Saint-Siège nous a demandé de maintenir notre présence dans une périphérie, en l’occurrence en Bulgarie où l’Église est pauvre et faible. Aller aux périphéries, c’est aller aux points de contact et de fragilité, comme l’œcuménisme et le dialogue interreligieux, en Russie, en Roumanie, mais aussi en Grèce et en Turquie, où nous faisons un important travail auprès des migrants. En Afrique, c’est accepter des postes de première évangélisation, en milieu massaï ou en Tanzanie.

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900 religieux, 60 novices

Expansion en Afrique et en Asie, pénurie en Occident, parfois jusqu’au risque de l’extinction… Le Père Benoît Grière ne cache pas les deux aspects de la réalité des vocations dans une congrégation des augustins de l’Assomption qui compte aujourd’hui 900 religieux profès perpétuels et une soixantaine de novices chaque année : « Il nous faut affronter lucidement la situation. Des terres généreuses en vocations comme les Pays-Bas ou l’Angleterre se sont taries il y a trente ans, et c’est une souffrance. On ne peut pas se voiler la face en se disant que les autres vocations viennent en compensation. Notre volonté de composer une fraternité universelle nous impose d’avoir une diversité de recrutement. »

Recueilli par Bruno Bouvet