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Agustinos
de la Asunción




175 ans de notre fondation

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2021-01-19 - Province d

Photo : L’année jubilaire s’est clôt samedi 19 décembre à Notre Dame des Victoires (Paris) Une petite assemblée a pu assister aux vêpres suivis d’un mot du P. Benoît Bigard sur E. d’Alzon. L’eucharistie a été présidée par Mgr Philippe Marsset. 

Modernité du père d’Alzon ?

Alors que nous fêtons, à Noël, les 175 ans de notre fondation, il est légitime de s’interroger sur la pertinence, voir la modernité du père D’Alzon ? Ne nous le cachons pas, certaines de ses idées et formulations, marquées par leur époque, nous déconcertent. Mais cela ne doit jamais nous servir de prétexte pour ignorer les textes et les intuitions toujours actuelles de notre fondateur. Cela demande parfois un petit travail de reformulation mais le fond reste pertinent. Je constate que nos frères non-francophones sont mieux servis que nous à cet égard, car ayant dû forcément traduire le père d’Alzon, ils lui ont donné d’emblée un coup de jeune, le rendant bien plus accessible… Côté francophone, de trop rares initiatives ont entrepris ce travail de reformulation. Les Confessions de saint Augustin ont donné lieu à de formidables œuvres d’actualisations audacieuses, pourquoi ne pas en faire autant pour notre fondateur ?

Le père d’Alzon moderne ? J’entends quelques sceptiques, alors lisons : « Un fameux diplomate aurait dit : Depuis 1870, il n’y a plus d’Europe. Je voudrais que le mot fût vrai pour pouvoir lui répondre : Eh bien, les chrétiens la referont ! […] D’abord ce qui fait qu’il n’y a plus d’Europe, c’est qu’il n’y a plus de solidarité. Chacun pour soi, chacun chez soi. Voilà la devise universelle qui se trouve être la devise de l’égoïsme élevé à sa plus haute puissance. Voulez vous combattre ce mal ? Commencez vous-même par détruire l’égoïsme en vous. Combattez-le en faisant bon marché de votre personnalité, de vos petits calculs, de vos plaisirs. Ah ! que de points où vous pouvez combattre l’égoïsme sans sortir de votre chemise ? En poursuivant à outrance l’égoïsme et les égoïstes, montrez votre générosité, soyez des hommes dévoués, imprégnez-vous de l’esprit de sacrifice ; agissez, agissez, dans le travail qui forgera votre âme, dans le zèle pour la charité, dans la poursuite des grandes idées basées sur les grands principes. Luttez contre ce qui vous semble mal. Ayez le courage de votre foi. […] Quand cela sera fait, je crois bien qu’il vous sera facile de tendre la main à vos frères, de vous unir à eux ; la coalition du bien se fera, vous serez d’abord battus et rebattus et c’est ainsi que vous apprendrez à battre. » 1 Évidemment dans son esprit, et dans le reste du texte, l’unité de l’Europe passe par une unité de nations animées de la ferveur d’une même foi catholique… et donc pour actualiser le texte j’ai remplacé « catholique » par « chrétien »… Mais après un siècle de développements œcuméniques, je ne crois pas trahir le père d’Alzon dans son désir d’unité… Lors d’une intervention à Lourdes, l’été dernier (que vous pouvez retrouver sur la page Facebook de la Province) j’ai essayé de mettre en exergue cette actualité du Père d’Alzon. En effet alors qu’au XIXe siècle postrévolutionnaire, il s’agissait de réaffirmer l’importance de Dieu, de l’Église, du rôle des chrétiens dans la société nouvelle en train de naître ; ses intuitions demeurent d’une grande actualité pour répondre aux défis de notre XXIe siècle toujours plus sécularisé mais également en recherche d’un monde de demain, plus humain, plus spirituel, plus unifié: Les grands axes de nos apostolats d’origine demeurent tout à fait pertinents : l’enseignement et l’éducation au sens large, loin des ‘fake news’ ; les œuvres sociales et la lutte contre les injustices ; les pèlerinages et l’accompagnement des quêtes spirituelles ; le service des jeunes Églises et les défis de l’internationalité et des migrations ; l’engagement pour l’unité des chrétiens et le dialogue interreligieux. Ces engagements vécus en communauté fraternelle, de manière Augustinienne, correspondent tout à fait aux recherches contemporaines prenant le contre-pied de l’individualisme dominant : projets de cohabitation intergénérationnelle ou avec des personnes fragiles ou encore création de nouveaux béguinages… La troisième intuition ayant à voir avec un souci constant du primat de la vie spirituelle, avec des rythmes et des espaces de vie qui fassent place à l’intériorité, à la quête de sens, à la transcendance. Et l’on pourrait développer bien d’autres aspects de l’actualité du Père d’Alzon, après 175 ans de fondation.

Alors, qu’en pensez-vous ? Le père d’Alzon reste-t-il d’actualité ? En quoi ? Bonne fête du Jubilé de nos 175 ans ! Que ce regard en arrière stimule nos engagements d’aujourd’hui et ravive notre fidélité et notre créativité !

1 Extrait de « Conseils pour les vacances », Emmanuel d’Alzon aux collégiens de Nîmes, (vers 1875) (écrits spirituels pp 1398-1400)

P. Benoît Bigard, Provincial d’Europe